L’agence de notation DBRS Morningstar a abaissé la note de crédit de la société Aéroports de Montréal à A. Elle explique sa décision par une révision à la baisse du nombre de passagers en 2021.

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

L’agence de notation basée à Toronto estime également que le retour des activités au niveau prépandémie sera plus long que ce qu’elle prédisait en juillet dernier.

Baisse de 75 % des passagers

Aéroports de Montréal (ADM) est la société qui gère les aéroports Montréal-Trudeau et Mirabel. Elle a rapporté un volume total de passagers d’environ 5,5 millions pour l’année 2020, soit près de 75 % de moins qu’en 2019. Ce chiffre est plus bas que celui sur lequel se basait DBRS Morningstar dans ces dernières prévisions, qui a abaissé la cote de A (élevée) à A mardi.

Pour pallier à la baisse du nombre de passagers, ADM a mis en place des mesures comme l’augmentation des frais chargés aux passagers de 30 $ à 35 $, l’augmentation de ses frais aéronautiques de 2,5 % et l’augmentation des redevances que doivent payer les compagnies aériennes.

« Malgré ces mesures, DBRS Morningstar croit qu’en absence d’une aide plus forte du gouvernement, le stress financier que connait ADM va vraisemblablement se poursuivre », peut-on lire dans le communiqué de l’agence envoyé mardi matin.

En réponse à la nouvelle de la décote, ADM a rappelé que le manque à gagner pour l’année 2020 s’élève à 300 millions de dollars. « L’année 2021 s’annonce tout aussi, si non plus, difficile », affirme Anne-Sophie Hamel, directrice affaires corporatives et relations médias pour ADM par courriel.

2021 sera pire encore, croit DBRS

Pour l’année 2021, DBRS Morningstar prévoit que le volume de passagers à Montréal-Trudeau sera 80 % plus bas que son niveau de 2019. Ses analystes estiment que le retour aux chiffres prépandémiques ne viendra qu’en 2025.

Lundi, ADM a entamé un processus de sollicitation pour obtenir le consentement des détenteurs d’obligations de renoncer à certaines obligations, notamment l’obligation de respecter certains ratios financiers pour les exercices 2021 et 2022, à cause de sa situation financière exceptionnelle due à la pandémie.