(Montréal) Après la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), d’autres voix s’élèvent pour inciter Transat A. T. à évaluer ses options advenant l’échec de sa vente à Air Canada.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Le Fonds de solidarité FTQ, deuxième actionnaire en importance du voyagiste québécois, et le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, ont indiqué, vendredi, qu’ils partageaient les recommandations exprimées la veille par le président et chef de la direction du bas de laine des Québécois, Charles Émond.

Si l’arrangement entre Transat A. T. et Air Canada tient toujours, les deux parties peuvent néanmoins y mettre fin à tout moment puisque la date butoir du 15 février visant à conclure la transaction — qui a obtenu un feu vert conditionnel d’Ottawa, mais qui attend toujours l’approbation de la Commission européenne — n’a pas été prorogée.

« Un plan B est plus important que jamais depuis le passage de la date butoir, a souligné le porte-parole du Fonds de solidarité FTQ, Patrick McQuilken, au cours d’un entretien téléphonique. Nous souhaitons que Transat se penche sur un plan B. C’est important pour l’avenir de l’entreprise. »

L’organisation détient environ 11,55 % des actions en circulation de la société mère d’Air Transat, devant la CDPQ, dont la participation est d’environ 5,8 %.

C’est Letko, Brosseau & Associés qui vient au premier rang des actionnaires avec sa participation de 13,7 %. Il n’avait pas été possible d’obtenir un commentaire de la firme montréalaise, vendredi après-midi.

De son côté, en marge d’une annonce économique à Montréal, M. Fitzgibbon a souligné être du même avis que le grand patron de la Caisse étant donné qu’Air Canada peut se retirer à tout moment.

« Si le plan B doit être exécuté, effectivement, le gouvernement du Québec va être au rendez-vous, dans une structure financière qui va être adéquate, a-t-il dit. Il faut prendre des risques, mais pas trop de risques. »

Le Fonds de solidarité FTQ et le ministre de l’Économie n’ont toutefois pas indiqué de manière précise si le conseil d’administration de Transat A. T. devait considérer sérieusement la proposition de 5 $ par action émanant de l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau.

Pour l’expert-conseil en gouvernance Michel Nadeau, qui déjà été un haut dirigeant de la CDPQ, les sorties publiques du Fonds de solidarité FTQ et de la Caisse envoient un signal clair aux administrateurs du voyagiste, qui ont toujours réitéré leur appui à la proposition d’Air Canada.

« Ce qu’on dit, c’est “dépêchez-vous à trouver quelque chose d’autre, essayer de voir s’il y a d’autres options”, a-t-il expliqué en entrevue. Cela ne signifie pas nécessairement d’aller voir M. Péladeau toutefois. »

La Commission européenne, qui attend des informations de la part de Transat A. T. et d’Air Canada, a suspendu son évaluation le 22 décembre dernier. Le voyagiste anticipe une décision d’ici la fin juin.

Air Canada propose désormais 5 $ pour chaque action de Transat A. T dans le cadre d’une offre évaluée à 190 millions. Les actionnaires du voyagiste peuvent également choisir 0,2862 action d’Air Canada. Vendredi après-midi, cette option était évaluée à 7,18 $ pour chacune de leurs actions.