Sollio Groupe coopératif – anciennement La Coop fédérée – a franchi le cap des 8 milliards de dollars de chiffre d’affaires au cours de son exercice financier 2019-2020, dont les résultats ont été dévoilés jeudi. Des « ventes records », estime Gaétan Desroches, chef de la direction, générées par la performance de deux de ses divisions : Olymel et BMR.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

Avec la pandémie, le blocus ferroviaire, la grève au port de Montréal et des relations difficiles avec la Chine, Sollio a vécu une année en dents de scie, affirme M. Desroches. Malgré tout, la coopérative agricole a poursuivi sa croissance notamment grâce à la réouverture du marché chinois, qui a permis à Olymel d’augmenter ses exportations de porcs, et à l’engouement des consommateurs pour les rénovations et autres produits de quincaillerie.

« On a trois divisions fortes. Cette année, c’est Olymel et BMR qui performent bien », a affirmé M. Desroches au cours d’une entrevue donnée à l’occasion de la tenue de l’assemblée annuelle de la coopérative.

Nouvelle direction et expansion chez BMR

Des changements sont à venir chez BMR, dont les ventes sont passées de 948 millions pour l’exercice 2018-2019 à 1,2 milliard en 2019-2020. Le successeur de Pascal Houle, qui quitte son poste après six années à titre de chef de la direction de BMR, devrait être nommé d’ici deux semaines. Choisira-t-on quelqu’un qui est déjà dans l’organisation ? « On a de bons candidats à l’interne. Le processus n’est pas encore terminé », a répondu M. Houle. Ce dernier occupera de nouvelles fonctions chez Sollio. Il a été nommé officiellement jeudi chef de l’exploitation de la coopérative agricole. Gaétan Desroches, quant à lui, pense à sa retraite. Il n’a toutefois pas annoncé son départ. Il est âgé de 63 ans.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Pascal Houle

Par ailleurs, tout porte à croire que le prochain patron de BMR annoncera l’ouverture de nouvelles quincailleries au Québec et au Canada au cours de l’année. Il existe 303 BMR au pays, dont 253 au Québec. « On vise une croissance pancanadienne, affirme M. Houle. On aura possiblement davantage de points de vente l’an prochain. On est très présent au Québec, il y a encore des endroits où BMR n’est pas présent, où il y a des marchés accessibles. »

Le groupe souhaiterait notamment s’établir dans les grands centres comme Montréal et Québec. D’autres magasins La Shop, concept de quincaillerie urbaine développé par BMR, pourraient ouvrir dans la métropole ou dans d’autres grands centres. Actuellement, il existe deux succursales à Montréal : l’une dans Griffintown et l’autre à Mont-Royal.

Ruée vers les sacs de terre et les semis

Fort de son expérience de l’an dernier, où les consommateurs en confinement se sont rués vers les quincailleries, dès l’arrivée des beaux jours, pour se procurer peinture, barbecues, briquettes, lampes chauffantes et bois traité, Pascal Houle s’attend à un autre printemps chargé.

Phénomène complètement inhabituel, depuis quelques semaines, les consommateurs sont nombreux à se rendre en magasin pour acheter de la terre et des semis. Du jamais vu si tôt dans l’année, assure M. Houle.

Bien que les quincailleries aient tenté de prévoir le coup cette année pour éviter des pénuries de produits, elles pourraient tout de même en venir à manquer de certains articles. « Je ne pense pas qu’on puisse tout prévoir. Est-ce qu’il pourrait y avoir encore des pénuries cette année dans certaines catégories de produits ? La réponse, c’est oui. On ne contrôle pas la chaîne d’approvisionnement complètement. Donc, il n’y a rien d’impossible », admet-il.

Olymel : F. Ménard et la réouverture du marché chinois

« Il y a une bonne partie de la progression des ventes qui nous vient de l’acquisition de F. Ménard [entreprise spécialisée dans la transformation de la viande de porc] et de la situation des marchés en général. La demande de la Chine, ça a fait en sorte de pousser l’ensemble des marchés, non seulement au Québec et au Canada, mais partout dans le monde », résume Réjean Nadeau, président-directeur général d’Olymel, pour expliquer une hausse de 16,4 % de ses ventes et l’atteinte d’un chiffre d’affaires de 4,35 milliards. L’an dernier, il s’élevait à 3,7 milliards.

Malgré tout, l’entreprise a dû faire face à de nombreux cas d’éclosion de COVID-19 qui l’ont obligée à fermer son usine de Yamachiche pendant deux semaines et à ralentir ses activités à ses installations de Vallée-Jonction, de Saint-Esprit et de Princeville. Olymel a investi près de 35 millions afin de se conformer aux règles de la Santé publique : installation de séparateurs entre les travailleurs, agrandissement des cafétérias et des vestiaires, notamment.

En raison du ralentissement des activités de l’entreprise, la filière porcine a dû faire face au cours de l’année à une augmentation du nombre de porcs en attente. Au plus fort de la crise, on en comptait près de 160 000. « Au moment où on se parle, je dirais que la situation est en train de s’améliorer », assure toutefois M. Nadeau.

À la fin de cette semaine, il estime qu’environ 90 000 porcs seront en attente. « On pense qu’à l’été, on devrait revenir à une situation à peu près normale. »

Ristournes

Les membres de la coopérative bénéficieront eux aussi de cette croissance. Sollio a pu leur verser des ristournes de 29,2 millions, en hausse de 11,6 millions par rapport à l’année précédente. L’excédent avant ristournes et impôts s’élève à 201 millions, avec un avoir et des actions privilégiées de 2,033 milliards, ainsi qu’un actif de 4,728 milliards, en hausse de 848 millions.

Sollio Groupe coopératif (anciennement La Coop fédérée)

Chiffre d’affaires : 8,2 milliards (2019-2020)

123 000 membres regroupés au sein de 48 coopératives agricoles

16 150 employés

Trois divisions : Sollio Agriculture, Olymel et Groupe BMR