(Toronto) Le grand patron de la Banque CIBC a attribué au marché hypothécaire vigoureux et aux nouvelles cartes de crédit avec remise en argent la croissance des profits de la banque au premier trimestre, plus importante que prévu, tandis que l’institution a réduit ses provisions pour pertes sur créances malgré la pandémie de COVID-19.

Anita Balakrishnan
La Presse Canadienne

Le chef de la direction Victor Dodig a également souligné jeudi que sa banque avait enregistré une activité record dans ses ventes de fonds communs de placement. Au final, la CIBC a surpassé les attentes des analystes, et elle a affiché un profit du premier trimestre en hausse par rapport à celui d’il y a un an, avant le début de la pandémie.

Profit de 3,58 $ par action

Sur une base ajustée, la CIBC a réalisé un profit de 3,58 $ par action, en hausse par rapport à celui de 3,24 $ par action du même trimestre l’an dernier. Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 2,81 $ par action, selon les prévisions recueillies par la société de données financières Refinitiv.

Les provisions pour pertes sur créances se sont élevées à 147 millions, en baisse par rapport à celles de 261 millions d’il y a un an, la banque ayant amélioré ses perspectives économiques. Les autres grandes banques canadiennes ont annoncé cette semaine des réductions similaires après avoir augmenté l’an dernier les montants mis de côté pour les créances douteuses, au cas où la pandémie empêcherait les emprunteurs de rembourser leurs prêts.

« Dans l’ensemble, les programmes d’aide du gouvernement continuent de contribuer à l’atténuation des répercussions économiques de la pandémie, et nos clients continuent de faire preuve de discipline en raison de l’incertitude économique », a souligné le chef de la gestion du risque de la banque, Shawn Beber, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

Surtout des prêts hypothécaires

Près des deux tiers des prêts de la banque ont été consentis à des consommateurs, en majorité pour des hypothèques, a précisé la banque. M. Beber a observé une baisse des dossiers d’insolvabilité au cours des deux derniers trimestres, grâce au soutien des gouvernements et aux programmes d’aide bancaires, mais a dit avoir vu une légère hausse par rapport aux creux du quatrième trimestre. La banque s’attend à ce que certains clients qui ont reporté l’an dernier des paiements pour leurs comptes de carte de crédit ou leurs prêts personnels se retrouvent en difficulté cette année, ce qui pourrait occasionner des pertes au deuxième trimestre, a expliqué M. Beber.

M. Dodig a fait remarquer que la réouverture plus rapide de l’économie aux États-Unis avait profité aux activités de prêts commerciaux de la CIBC dans ce pays, et que la banque espérait une reprise similaire au Canada.

Dans l’ensemble, la CIBC affirme avoir réalisé un bénéfice net de 1,63 milliard, ou 3,55 $ par action, pour le trimestre clos le 31 janvier, comparativement à un profit de 1,21 milliard, ou 2,63 $ par action, pour la même période un an plus tôt.

Profits en hausse de 100 millions

Les revenus ont totalisé 4,96 milliards, contre 4,86 milliards l’an dernier.

M. Dodig a souligné que la banque s’était concentrée ces cinq dernières années sur la rationalisation des activités et « l’élimination des inefficacités » pour réduire ses coûts. Mais il a également noté que la banque réinvestissait ses économies de coûts pour donner plus de ressources à la « main-d’œuvre génératrice de revenus », soutenir des relations avec les clients et ajouter de nouveaux dirigeants à l’équipe canadienne de succursales au détail de la banque.

« Nous savons que la reprise économique ne se déroulera pas en ligne droite », a affirmé M. Dodig lors de la conférence téléphonique. « Nous restons très connectés à la façon dont la pandémie affecte la vie de nos clients et de notre équipe. Leur bien-être reste notre priorité absolue. »