(Paris) Le groupe Alstom a indiqué mercredi avoir renoué le dialogue avec la RATP et la SNCF, mais il ne s’est pas engagé à honorer le contrat des nouveaux trains du RER B, dont il a hérité en reprenant Bombardier Transport.

Publié le 10 févr. 2021
Agence France-Presse

« Nous nous sommes présentés à l’invitation de la RATP (organisatrice de l’appel d’offres, NDLR) afin de poser les bases d’une discussion apaisée sur les positions de chaque partie », a indiqué le constructeur ferroviaire dans une brève communication à l’AFP.

« Nous sommes convenus de nous laisser un peu de temps afin d’analyser la situation », a-t-il ajouté.

« Le dialogue a pu se dérouler », a insisté le groupe, sans autre commentaire.  

« Pour autant, Alstom n’a pas confirmé qu’il allait exécuter le contrat », a regretté la RATP.  

Alstom – en tant que repreneur de Bombardier Transport – et l’espagnol CAF avaient été convoqués par la RATP et la SNCF pour discuter du lancement de la fabrication des 146 nouvelles rames du RER, attendues à partir de la fin 2025.

Les deux opérateurs de transports publics ont attribué le 13 janvier le contrat de 2,56 milliards d’euros pour ces rames à un groupement associant Bombardier Transport et CAF.  

Mais Alstom, dont l’offre (plus chère) n’a pas été retenue, a multiplié les recours, empêchant la signature avant sa reprise de Bombardier Transport fin janvier. Le groupe français a finalement retiré l’offre de Bombardier, la jugeant trop risquée techniquement et financièrement.

Mais la RATP et la SNCF considèrent que cette offre était inconditionnelle, et ont donc signé le contrat vendredi.

Les deux opérateurs publics, ainsi que CAF, menacent le repreneur de Bombardier de poursuites s’il n’honore pas ses engagements.

« RATP et SNCF Voyageurs ont rappelé leur détermination à faire appliquer le droit et faire exécuter ce contrat pour le compte de leur client Île-de-France Mobilités » (IDFM), qui finance les trains, a indiqué la RATP mercredi.

« Nous demandons que l’offre soit exécutée », a répété mercredi soir la présidente d’IDFM Valérie Pécresse, devant la commission de l’aménagement du territoire du Sénat.

« Nous avons été un peu saisis par (la) méthode » d’Alstom, a-t-elle indiqué, racontant que le PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge, lui avait promis « que le rachat de Bombardier par Alstom n’aurait aucune conséquence sur l’appel d’offres ».

L’offre de Bombardier et CAF était « très, très, très, très sensiblement moins chère que celle proposée par Alstom », mais un expert mandaté par la RATP et la SNCF ne l’a pas jugée « anormalement basse », a-t-elle noté.

CAF, de son côté, a indiqué « qu’il est bien en phase d’exécution du contrat », selon la RATP. Le constructeur espagnol n’a pas souhaité faire de commentaires.

« Après cette première réunion, une prochaine rencontre est programmée pour poursuivre l’exécution du contrat », selon la RATP.

Le partage des tâches prévoit que CAF construise les deux voitures de têtes des 146 trains – dans son usine de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) – et fournisse les bogies – produites en Espagne –, Bombardier s’occupant du reste, et notamment des voitures intermédiaires – dans son usine de Crespin (Nord).