(Montréal) En débarquant à la Bourse de Toronto l’automne dernier, Guru n’anticipait pas une nouvelle ronde de restrictions afin de limiter la propagation de la COVID-19, mais malgré ces imprévus, le producteur de boissons énergétiques garde le cap sur sa stratégie visant à élargir son empreinte.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Au Québec — son principal marché au pays — l’imposition d’un couvre-feu jusqu’au 8 février a eu un impact sur l’achalandage des consommateurs dans des points de vente comme les dépanneurs, les stations-service et les supermarchés, des endroits où l’on retrouve les produits de l’entreprise québécoise fondée en 1999.

Néanmoins, ce genre d’inconvénient a grandement été contrebalancé par une augmentation des ventes en ligne et un changement du comportement de la clientèle qui achetait de plus grands formats lorsqu’elle se déplaçait. Ce sont les réponses offertes aux analystes par la direction de Guru, jeudi, dans le cadre de sa première conférence téléphonique pour faire le point sur ses résultats du quatrième trimestre et de l’exercice 2020.

« Nous avions vécu la première vague de la crise sanitaire alors on comprenait l’impact sur l’industrie, a expliqué le président et chef de la direction de la société, Carl Goyette, au cours d’un entretien téléphonique. Dans l’ensemble, pour l’industrie, les aspects positifs sont plus grands que les inconvénients. »

L’impact de la pandémie devrait donc être limité, a fait valoir la compagnie, sans toutefois offrir de prévision.

Guru, qui se présente comme la seule à offrir une boisson naturelle et biologique dans l’industrie, vend ses produits dans plus de 15 000 points de vente — 8000 aux États-Unis, 5000 au Québec et 2000 en Ontario.

La compagnie, qui rivalise dans un marché nord-américain dominé par des joueurs comme Red Bull, Monster, Bang et Rockstar, souhaite toujours voir ses boissons se retrouver sur les tablettes de 3000 détaillants dans le marché canadien et 2000 autres au sud de la frontière.

Cette percée devrait s’effectuer d’ici le printemps, mais le producteur québécois de boissons énergétiques n’a pas fourni d’informations à propos de ses partenaires.

Dans une note, l’analyste Martin Landry, de la firme Stifel/GMP, a souligné que Guru n’avait annoncé aucun nouvel accord de distribution, ce qui pourrait décevoir les investisseurs.

« Il y avait une pression réelle d’établir ces relations avec des détaillants pour obtenir un « oui », a répondu M. Goyette, lorsqu’interrogé sur le sujet. De l’annoncer, cela serait plaisant, mais cela ne change rien pour nous. Nous respectons nos partenaires avec qui nous avons des ententes. »

Au quatrième trimestre terminé le 31 octobre, Guru a affiché des revenus de 6,1  millions, en hausse de 51 %. Sa perte nette s’est établie à 3,1  millions, ou 11 cents par action, un résultat que la compagnie a attribué aux dépenses entourant son entrée en Bourse.

M. Landry a indiqué dans sa note qu’il s’attendait à un chiffre d’affaires de 5,9  millions au quatrième trimestre.

« Si ces résultats remontent à plusieurs mois, ils montrent une accélération de l’élan enregistré par Guru à l’automne, dont la performance a été solide au Québec », a écrit l’analyste.

À la Bourse de Toronto, jeudi avant-midi, le titre de Guru s’appréciait de 2,04 %, ou 44 cents, pour se négocier à 22,05 $ — bien au-delà du prix fixé à 5,45 $ dans le cadre de son arrivée sur Bay Street.

Pour l’exercice, le chiffre d’affaires a été de 22,1  millions, en croissance de 26 %. La perte nette s’est chiffrée à 2,16  millions, ou 7 cents par action. En excluant les frais de 2,9  millions entourant la prise de contrôle inversée de la société Mira X, Guru estime qu’elle aurait généré un bénéfice avant impôt d’environ 721 000 $.

Entreprise dans cette dépêche : (TSX : GURU)

Note aux lecteurs : Version corrigée. Le prénom du chef de la direction de Guru est Carl, et non Patrick, tel qu’écrit par erreur dans une version précédente.