(Calgary) TC Énergie prévoit d’éliminer plus de 1000 emplois liés à la construction de Keystone XL, au lendemain de sa décision d’arrêter les travaux sur le projet d’oléoduc.

Publié le 21 janv. 2021
La Presse Canadienne

La société a annoncé sa suspension du projet quelques heures avant que le nouveau président américain, Joe Biden, ne signe un décret révoquant le permis présidentiel essentiel au passage du pipeline à travers la frontière canado-américaine.

TC Énergie avait averti plus tôt que le blocage du projet entraînerait la mise à pied de milliers de travailleurs syndiqués qui construisent le pipeline.

Le pipeline de 1947 kilomètres visait à transporter 830 000 barils par jour de pétrole brut de Hardisty, en Alberta, jusqu’à Steele City, dans le Nebraska.

Quelque 200 kilomètres de tuyaux ont déjà été installés pour l’expansion, y compris à travers la frontière canado-américaine, et la construction a commencé sur des stations de pompage en Alberta et dans plusieurs États américains.

TC Énergie a annoncé dimanche un plan visant à éliminer l’impact des émissions de gaz à effet de serre des activités de Keystone XL, alors même que son avenir semblait incertain.

L’abandon de Keystone XL nuira au secteur

Un analyste de l’industrie pétrolière de l’Ouest canadien a estimé jeudi que les producteurs s’en tireraient probablement mieux à court terme avec l’annulation du permis présidentiel de Keystone XL par Joe Biden que lorsque l’ancien président Barack Obama a pris la même décision en 2015.

Mais Phil Skolnick, un analyste de la firme Eight Capital à New York, convient avec d’autres observateurs que la fin de l’oléoduc étouffera les nouveaux investissements et la croissance de la production dans les gisements pétroliers canadiens pour les années à venir.

Peu de temps après son investiture mercredi, le président américain Biden, qui était le vice-président d’Obama, a tenu une promesse électorale et a révoqué le permis que l’ancien président Donald Trump avait délivré à TC Énergie en 2019.

Selon M. Skolnick, la différence entre aujourd’hui et 2015 est que les producteurs attendent avec impatience l’ouverture de deux autres pipelines d’exportation — la canalisation 3 d’Enbridge et Trans Mountain — qui, ensemble, fournissent près d’un million de barils par jour de capacité d’exportation.

Richard Masson, chercheur et expert en énergie à la School of Public Policy de l’Université de Calgary, convient que les deux oléoducs restants fourniront une capacité suffisante pour permettre à la production pétrolière de croître dans la seconde moitié de cette décennie.

Mais l’incertitude quant à la capacité au-delà de ce point empêchera les producteurs de prendre des décisions au sujet de nouveaux projets de sables bitumineux de plusieurs milliards de dollars, dont la planification et la construction pourraient prendre cinq ans ou plus.

Le chef de la direction de l’Association canadienne de pipelines d’énergie, Chris Bloomer, souligne quant à lui que l’espace excédentaire dans le système de transport du pétrole est vital pour l’avenir pour offrir des options, une sécurité énergétique et une stabilité de prix aux producteurs.