« C’est facile de comprendre pourquoi la famille Audet ne souhaite pas vendre sa participation dans les entreprises Cogeco. L’avenir est prometteur et je peux vous assurer que la famille Audet entend maintenir son engagement à long terme », a dit Louis Audet vendredi durant l’assemblée annuelle des actionnaires de Cogeco et de sa principale filiale, Cogeco Communications.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Durant la période de questions réservée aux actionnaires lors de cet évènement organisé de façon virtuelle en raison de la pandémie, Louis Audet, président du conseil d’administration des deux sociétés, a été appelé à expliquer pourquoi Cogeco est toujours scindée en deux sociétés ouvertes et s’il y avait lieu de maintenir cette structure.

« Pourquoi ne pas réunir les deux sociétés aujourd’hui ? C’est très simple », a dit Louis Audet.

« C’est une question de contrôle de la famille Audet, laquelle a permis à la famille de résister à une vente. Si la société voulait émettre des actions pour se financer, mais que les deux sociétés avaient été fusionnées précédemment, la marge de manœuvre pour émettre de l’équité serait minime avant une perte de contrôle par la famille Audet. C’est la raison pour laquelle les deux sociétés demeurent distinctes », a-t-il expliqué.

« Nous avons le même président du conseil, le même président et chef de la direction, etc. Ce sont les mêmes gestionnaires séniors pour les deux sociétés. Ça minimise les dépenses. Pour ce qui est des frais de sociétés publiques, il s’agit de frais quand même assez minimes. Nous croyons que les inconvénients sont mineurs et ça permet de maintenir la solidité et la stabilité de Cogeco dans son ensemble », a ajouté Louis Audet.

En vertu de ses actions à droit de vote multiple, Gestion Audem détient 69 % des votes chez Cogeco et 83 % du côté de Cogeco Communications.

Louis Audet a également rappelé que Cogeco est devenue une société publique en 1985 et que huit ans plus tard, les marchés financiers ont fait savoir que la création d’une entreprise qui ne ferait que de la câblodistribution (cable pure play) serait la bienvenue.

Une offre hostile de 11 milliards de dollars d’Altice USA et Rogers Communications a été rejetée l’automne dernier. L’offre valorisait la participation de la famille Audet à 900 millions.

Louis Audet avait affirmé que le rôle d’intendance que la famille Audet exerce depuis 63 ans avait permis la croissance et la prospérité de l’entreprise et mis en avant le fait que Cogeco jouit d’une position unique et enviable en tant que seule entreprise de services à large bande ayant une présence significative au Canada et aux États-Unis.

L’offre d’Altice USA et Rogers valorisait à 150 $ les actions de Cogeco Communications et à 123 $ celles de Cogeco pour les actionnaires.

L’action de Cogeco Communications a gagné 6 % à 101,75 $ vendredi à Toronto, alors que celle de Cogeco a gagné 5 % à 83,13 $.

Les investisseurs réagissaient à la présentation d’une performance financière de début d’exercice plutôt intéressante. En forte hausse sur un an, le bénéfice par action de Cogeco Communications a notamment dépassé de 15 % le consensus des analystes.

Les résultats trimestriels ont dépassé les attentes tant au Canada que sur le marché américain. La demande pour le service internet à haute vitesse résidentiel demeure soutenue.

La direction bonifie par ailleurs ses prévisions de revenus et de bénéfices pour l’exercice 2021 afin de tenir compte de la récente acquisition de DERYtelecom et des résultats qu’elle vient d’enregistrer.