(Montréal) Olymel n’a pas l’intention de réinstaurer une « prime de confinement » pour ses travailleurs, comme l’a demandé le syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, affilié à la FTQ.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

La semaine dernière, les TUAC, qui représentent des milliers de travailleurs dans l’alimentation, ont adressé une lettre à plusieurs grands employeurs, comme Provigo, Metro et Olymel, pour leur demander d’instaurer de nouveau une « prime de confinement » pour leurs travailleurs essentiels.

Une telle prime, généralement de 2 $ l’heure, avait été momentanément versée, le printemps dernier. Mais, dans bien des entreprises, elle avait été abolie en juin.

Jointe mercredi, la direction d’Olymel a fait savoir qu’elle n’avait pas l’intention de réinstaurer cette prime. L’entreprise estime avoir fait un effort financier « suffisant » en versant une prime à ses employés rémunérés sur une base horaire, du 23 mars au 23 juin.

« C’était un effort financier considérable », a commenté Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel.

Il fait valoir que ces travailleurs ont un salaire de base de 19,89 $ l’heure, en moyenne.

Depuis le début de la pandémie, l’entreprise a accru les mesures sanitaires dans ses usines de transformation de la viande, afin de mieux protéger la santé et la sécurité de ses travailleurs, a fait valoir M. Vigneault.

« Nous, on pense qu’on a réuni toutes les conditions pour protéger nos employés le plus possible. Ce sont les mesures sanitaires qui vont empêcher d’avoir la COVID. » Il assure avoir « une bonne collaboration des employés là-dessus ».

Mardi, Metro a fait savoir qu’il accorderait des certificats-cadeaux de 75 $, 150 $ ou 300 $ à ses employés, en fonction du nombre d’heures de travail. Les certificats devront être dépensés dans l’une des enseignes de Metro.

Metro n’a toutefois pas voulu dire si ces certificats-cadeaux remplaçaient la prime de confinement revendiquée par les TUAC ou bien si l’un n’excluait pas l’autre. La direction n’a pas souhaité commenter la demande des TUAC.

Interrogé à ce sujet, Olymel a répliqué que « chaque entreprise a ses motifs de le faire ; chacun a son environnement » qui lui est propre.

Travailleurs déçus

Le syndicat des TUAC a exprimé sa déception.

« Nous sommes très déçus par la décision d’Olymel de ne pas renouveler les primes que nous avions réussi à négocier, lors de la première vague », a-t-il fait savoir.

« Nos membres travaillent dans un secteur à haut risque depuis le début de la pandémie. Nous en avons pour preuve le nombre de cas élevé dans les usines de transformation alimentaire au pays. À ce titre, nous sommes persuadés que ces travailleurs méritent une reconnaissance supplémentaire de la part de leur employeur », a ajouté le syndicat, qui représente plus de 55 000 membres au Québec.