(New York) Boeing a vu ses livraisons chuter en 2020 et son carnet de commandes rétrécir fortement en raison de la chute du trafic aérien depuis le début de la pandémie et des déboires du 737 MAX, même si la situation s’est un peu arrangée en fin d’année.

Juliette MICHEL
Agence France-Presse

Sur l’ensemble de l’année, le constructeur a livré 157 appareils commerciaux, soit 59 % de moins qu’en 2019.

C’est aussi bien loin des 566 avions civils livrés sur la même période par son principal concurrent Airbus.  

Le constructeur américain a par ailleurs indiqué mardi avoir reçu 184 commandes en 2020, soit 25 % de moins qu’en 2019.

Mais il a aussi encaissé sur la même période 655 annulations ou conversions de commandes, dont 641 pour des 737 MAX.  

Les commandes d’avions commerciaux de Boeing avaient déjà terminé dans le rouge en 2019, pour la première fois depuis des décennies.

Comme Airbus, qui a vu ses commandes d’avions neufs s’effondrer de deux tiers en 2020, Boeing a été touché de plein fouet par l’effondrement du trafic aérien mondial et ses conséquences brutales sur les finances des compagnies aériennes.  

Nombre d’entre elles ont cherché à reporter les livraisons afin de préserver leurs liquidités en attendant des jours meilleurs.

De nombreuses sociétés du secteur ont aussi été échaudées par la longue immobilisation du 737 MAX, cloué au sol de par le monde en mars 2019 après deux accidents ayant fait 346 morts.

Le constructeur aéronautique a toutefois terminé l’année sur une note positive du fait d’une remise en service de cet appareil aux États-Unis et au Brésil.  

Le groupe a pu reprendre les livraisons de son avion-vedette et en a acheminé 27 à des clients en décembre.  

« Lente reprise du trafic »

L’appareil est toutefois loin d’être sorti d’affaires.  

Si la compagnie low cost Ryanair a passé une commande ferme pour 75 Boeing 737 MAX début décembre, le constructeur a aussi enregistré ce même mois 105 annulations de commandes.  

Elles viennent principalement d’entreprises louant des avions, qui ont dû réajuster leurs portefeuilles de produits au vu de la situation du transport aérien, a expliqué une porte-parole de Boeing à l’AFP.

En prenant en compte des ajustements comptables, Boeing a vu son carnet de commandes reculer au total de 1026 appareils en 2020.

Ce carnet recensait 4223 appareils fin 2020, contre 5900 fin 2018.  

Entre la pandémie et la crise du 737 MAX, le groupe prévoit de supprimer au total 30 000 emplois entre 2020 et 2021 et il a diminué la cadence de production de plusieurs de ses avions.

La direction s’est néanmoins voulue optimiste pour la suite.

« La reprise des livraisons de 737 MAX en décembre représente une étape clé alors que nous renforçons la sécurité et la qualité dans notre entreprise », a souligné le directeur financier du groupe, Greg Smith, dans un communiqué.  

« Nous avons également poursuivi des inspections complètes de nos appareils 787 pour nous assurer qu’ils répondent à nos normes de qualité les plus élevées avant la livraison », a-t-il souligné.

L’identification de défauts de fabrication sur le long-courrier 787 « Dreamliner » a en effet retardé les livraisons au deuxième semestre, et aucun de ces appareils n’a été livré en novembre ou décembre.  

« Alors que nous continuons à faire face à la pandémie, nous travaillons en étroite collaboration avec nos clients dans le monde et surveillons la lente reprise du trafic international pour aligner notre offre sur la demande du marché dans nos programmes de gros porteurs », a souligné M. Smith.  

L’Association internationale du transport aérien (IATA) estime que le trafic aérien mondial ne retrouvera pas son niveau de 2019 avant 2024.