Alimentation Couche-Tard est à nouveau à l’œuvre pour potentiellement réaliser la plus grosse transaction de son histoire et cette fois, l’entreprise de Laval n’a pas que des dépanneurs dans sa mire, mais aussi des supermarchés.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

La direction de Couche-Tard a confirmé en début de soirée mardi avoir initié des « discussions exploratoires » avec Carrefour, un géant français de l’alimentation qui exploite notamment des épiceries, en vue d’un potentiel rapprochement amical entre les deux entreprises.

« Les termes sont encore en discussion », indique Couche-Tard dans un communiqué.

« Il n’y a aucune certitude à ce stade que ces discussions déboucheront sur un accord ou une opération », est-il précisé.

Couche-Tard ajoute qu’elle tiendra « naturellement » les marchés informés de tout développement significatif.

La capitalisation boursière de Carrefour, à Paris, s’élève à 12,6 milliards d’euros, l’équivalent de 19,6 milliards de dollars canadiens. À titre de comparaison, la capitalisation boursière de Couche-Tard atteint 46 milliards canadiens à la Bourse de Toronto.

Le Groupe Carrefour, dont le chiffre d’affaires a dépassé en 2019 les 80 milliards d’euros (125 milliards de dollars canadiens), exploite 12 300 magasins de différents formats (magasins de proximité, hypermarchés, etc.) dans une trentaine de pays. Plus de la moitié du chiffre d’affaires de Carrefour a été généré à l’extérieur de la France en 2019. Le groupe est essentiellement présent en Europe, en Asie et en Amérique latine.

Couche-Tard de son côté compte plus de 14 200 magasins d’accommodation dans son réseau à travers le monde, dont 9200 en Amérique du Nord. En Europe, son réseau de vente au détail de 2700 magasins s’étend en Scandinavie, en Irlande, en Pologne, dans les pays baltes et en Russie. En vertu de contrats de licence, Couche-Tard exploite plus de 2200 magasins dans 15 autres pays et territoires (Hong Kong, Mexique, Vietnam, etc.).

La croissance par acquisitions joue un rôle important dans la stratégie de Couche-Tard. La direction avait mis de côté son projet d’acquérir l’australienne Caltex avant la pandémie, ce qui aurait été la plus grosse transaction de son histoire. L’opération était évaluée à environ 8 milliards canadiens.

La plus importante prise de contrôle de Couche-Tard a été réalisée en 2016 avec l’achat de la chaîne nord-américaine CST Brands (plus de 2000 dépanneurs) au coût de 4,4 milliards US.

L’action de Couche-Tard a clôturé en recul de 2 % à 41,31 $ mardi à Toronto. Douze des 15 analystes qui suivent les activités d’Alimentation Couche-Tard recommandent l’achat de l’action.