L’idée de départ était de combler les besoins en hébergement pendant la tenue d’évènements un peu partout au Québec, particulièrement en région, en installant leurs tentes de luxe à proximité des festivals. Or, la pandémie est arrivée et les évènements estivaux ont été annulés. Myriam Corbeil et Solène April, fondatrices d’Hôtel UNIQ, ont alors décidé d’installer leur campement en pleine nature.

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

Qui ?

Myriam Corbeil et Solène April ont fait connaissance alors qu’elles faisaient un baccalauréat en gestion de tourisme et d’hôtellerie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). À la fin de leurs études, Solène April s’est envolée pour le Mexique afin d’aller travailler dans un hôtel tout inclus. Myriam Corbeil a travaillé du côté de Tourisme Montréal et au Mount Stephen. Elle a ensuite décidé de plier bagage pour aller faire un tour en Colombie. Alors qu’elles étaient toutes les deux à l’extérieur du Québec, elles ont évoqué l’idée d’ouvrir un hôtel dans le Sud. Après avoir visité des terrains au Mexique, en Colombie et au Nicaragua, elles ont réalisé que le Québec leur offrait un merveilleux terrain de jeux. « On s’est dit : pourquoi on veut aller ailleurs ? Le Québec a tellement à offrir, raconte Mme Corbeil. On a cette tendance à vouloir aller ailleurs, mais il faut qu’on soit fiers du Québec. » Et finalement, elles ont élaboré leur projet : un hôtel éphémère.

Le produit

L’idée de départ : combler le manque d’hébergement pendant les festivals. L’objectif était donc d’installer des tentes luxueuses et d’offrir un service cinq étoiles à des campeurs venus assister à un évènement. Les clients dorment dans des lits confortables avec literie fournie. On met également à leur disposition une cuisine commune tout équipée. « On avait notre saison qui était planifiée », raconte Mme Corbeil. Près d’une dizaine d’organisateurs sont prêts à les accueillir. La pandémie arrive. Tout bascule.

« Ma partenaire et moi avons arrêté de nous parler pendant une semaine à cause de ça, raconte Myriam Corbeil. On s’est dit qu’on allait prendre un peu de recul parce qu’on était un peu sous le choc des évènements. C’est comme si notre rêve venait de s’écrouler. On venait de passer la commande pour tout notre équipement. »

« En un mois et demi à peu près, on devait tout refaire notre concept au complet. » Elles avaient planifié une trentaine d’unités, mais se sont résolues à réduire ce nombre à 10.

« On s’est dit, on va juste se concentrer sur un village nature, plutôt qu’un village festif. » Elles commencent alors à contacter des parcs régionaux, des attraits en nature qui pourraient potentiellement les accueillir. Ainsi, le 24 juillet, elles reçoivent finalement leurs premiers clients. Au cours de l’été, donc, le duo, avec son campement, s’est installé dans quatre régions : aux Jardins de Métis, à la baie de Beauport, au lac Taureau et au lac Saint-Jean. Les deux entrepreneures affirment qu’elles se démarquent en offrant un service cinq étoiles : accueil des clients avec une collation et un cocktail de bienvenue, surveillance sur le site 24 heures sur 24, tenue d’évènements comme un spectacle acoustique autour du feu et même l’organisation d’un repas avec un chef de la région, par exemple. Coût pour une nuitée : à partir de 130 $.

Dans l’avenir

Pour l’été 2021, Myriam Corbeil et Solène April continueront de s’installer en nature, étant donné que l’incertitude plane toujours en ce qui concerne la tenue d’évènements. Si elles n’ont pas encore arrêté leur choix sur les endroits où elles planteront leur tente, elles admettent avoir tissé de forts liens avec les gens des régions où elles se sont établies au cours de la dernière saison estivale. Dans l’avenir, elles n’ont toutefois pas fait une croix sur une installation possible à proximité des festivals. « On aimerait faire un combo des deux, explique Myriam Corbeil. On voudrait peut-être rester un mois dans une destination où il va y avoir un festival pendant quatre jours. Parce que plus il y a de déplacements, plus c’est coûteux, plus il y a de la logistique, plus il y a des risques que ça brise le matériel. »