Plus de 80 firmes québécoises de services professionnels, notamment en publicité, en affaires juridiques et en marketing, lancent leur version du Panier bleu. Le Regroupement des firmes de services professionnels indépendantes (RFSPI), annoncé mercredi, souhaite convaincre les décideurs, et au premier chef le gouvernement Legault, de privilégier le recours à des entreprises dont 50 % au moins du capital appartient à des Québécois.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

« Le gouvernement a parlé d’achat local, de l’importance pour les entreprises de se transformer, explique Olivier Laquinte, président et fondateur de Talsom, une des firmes à l’origine de ce regroupement. Les moteurs de la transformation, ce sont beaucoup les firmes de services professionnels. On a un rôle à jouer dans la relance de l’économie, ce serait intéressant de créer notre place dans cet écosystème. »

Cette annonce préparée depuis début mars survient dans un contexte particulier, le lendemain de la publication dans La Presse de l’octroi d’un important contrat gouvernemental de 15 millions par année à la firme Cossette pour planifier le déconfinement. Cette agence fondée au Québec en 1972 a été rachetée par une entreprise chinoise en 2014, puis par l’américaine Legacy Acquisition en 2019.

De nombreuses sources dans l’industrie de la publicité contactées par La Presse ont manifesté leur perplexité, voire leur irritation que le gouvernement Legault n’ait pas privilégié une firme de propriété québécoise pour ce contrat.

« Il y a une longue liste d’entreprises locales capables de répondre à cet appel d’offres », estime Nicolas Leblanc, fondateur de la firme montréalaise de publicité et marketing Human et qui a adhéré au tout nouveau regroupement.

« Autant on dit qu’il faut relancer notre économie en achetant local dans le domaine des produits, autant il faut le faire dans le domaine des services », précise le fondateur d’une autre agence montréalaise.

Quatre demandes

Les entreprises membres de ce nouveau regroupement, elles, doivent appartenir à un investisseur privé, des travailleurs ou une coopérative basés au Québec et qui possèdent au moins la moitié du capital. « Les franchises, les filiales et les firmes locales appartenant à des regroupements internationaux sont exclues », précise-t-on sur le site du RFSPI.

Ces entreprises font quatre demandes au gouvernement, notamment son appui pour la mise sur pied d’un portail d’offres de services et des directives pour privilégier l’achat local dans les contrats publics. Plus largement, on veut interpeller les grandes institutions comme Desjardins et le Fonds de solidarité FTQ pour qu’elles appliquent la même politique.

Des 80 entreprises membres, près d’une trentaine sont des agences de publicité, de marketing et de relations publiques. On y retrouve notamment National, bleublancrouge, Republik et Tact. Une vingtaine de firmes sont plutôt spécialisées dans la comptabilité, le recrutement et les services juridiques.

Selon les données publiées par le regroupement, les « firmes de services professionnels indépendantes à direction et à propriété québécoises » emploient quelque 127 000 personnes et livrent annuellement près de 12 milliards de services au Québec.