Même si Boralex a un pied en France et l’autre en Amérique du Nord, la crise du coronavirus l’épargne… et la fait épargner.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« On fait des économies importantes, surtout dans les dépenses de voyage », dit son président et chef de la direction, Patrick Lemaire, lors d’un entretien avec La Presse.

Boralex a gardé tous ses employés, et tout le monde travaille de la maison. « On s’est aperçus qu’on pouvait très bien fonctionner à distance, constate-t-il, et ça va changer les perceptions. »

Un retour au bureau sera nécessaire plus tard, selon lui, mais pour Boralex comme pour probablement beaucoup d’autres entreprises, l’importance d’occuper plusieurs milliers de pieds carrés d’espace à bureau sera remise en question.

De même, les contacts avec les investisseurs, qui nécessitent normalement de nombreux déplacements à New York et ailleurs, se font très bien à distance, a constaté Boralex, qui a tenu cette semaine sa première assemblée d’actionnaires virtuelle. « On apprend plein de choses », résume Patrick Lemaire.

L’entreprise n’a pas souffert de la crise, du moins pas encore. « Pour nous, c’est presque business as usual », dit Patrick Lemaire.

Le développement en France dans le secteur éolien se poursuit, et la diversification dans le solaire avance, avec des percées en France, en Écosse et dans l’État de New York. Des appels d’offres ont été reportés et il y a eu des retards dans certains projets de construction, mais à moins que le confinement se prolonge indéfiniment, « on va pouvoir avancer au même rythme qu’avant », assure le président.

Le titre de Boralex a fini la journée à 29,36 $ hier à la Bourse de Toronto, en baisse d’un peu moins de 1 %. Depuis un an, le titre a fluctué entre 17,91 $ et 32,04 $.

INFOGRAPHIE LA PRESSE

Un modèle qui change

La puissance des installations de production d’énergie de Boralex est de 2040 mégawatts. L’entreprise vise 2800 mégawatts en 2028. Cette énergie est vendue pour la presque totalité à de grands clients comme Hydro-Québec ou EDF en vertu de contrats à long terme à des prix fixés d’avance.

À mesure que les coûts des énergies solaire et éolienne baissent, les subventions des États qui ont favorisé cette production disparaîtront. Boralex veut se préparer à ce changement d’environnement en vendant son énergie directement à des entreprises qui veulent verdir leur image.

Un premier contrat de ce genre, d’une durée de cinq ans, vient d’être conclu avec une entreprise française.

« On part à la chasse aux clients, illustre Patrick Lemaire. On ne s’inquiète pas de l’avenir mais le modèle va changer. »

Sur son chemin de croissance, Boralex risque de rencontrer une autre entreprise québécoise, Innergex, qui poursuit les mêmes objectifs de développement aux États-Unis et ailleurs dans le monde dans le secteur de l’énergie renouvelable.

Innergex vient de s’allier avec Hydro-Québec, qui est devenu son principal actionnaire et qui, comme elle, veut se développer aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Cette alliance en fait un concurrent de taille pour Boralex, convient son président. « C’est la compétition, dit-il. Il faut vivre avec. »

Dans une version antérieure de cet article, nous avons indiqué que la puissance de production d'énergie de Boralex était de 1040 mégawatts. Elle est plutôt de 2040 mégawatts. Nos excuses.