Ouvert avec faste en juin 2019, le resto du centre-ville de la chaîne Pacini a fermé définitivement ses portes à la fin de l’hiver, à peine huit mois plus tard. Une mésentente avec le propriétaire de l’immeuble où se situe l’établissement serait à l’origine de la fermeture subite.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Joint au téléphone, le propriétaire des restaurants Pacini, l’homme d’affaires Pierre Marc Tremblay, a refusé de commenter l’affaire, le différend étant soumis à un processus d’arbitrage.

La Presse n’a pas réussi à joindre Gabriel et Michel Bitton, les nouveaux propriétaires de l’immeuble abritant le resto au 425, boulevard De Maisonneuve Ouest. Des appels chez Buffalo Jeans et Lotus international n’ont pas eu de suite. Gabriel Bitton est cofondateur de Buffalo Jeans.

Le restaurant de 8500 pieds carrés pouvant accueillir 330 clients avait nécessité un investissement de 1,8 million en aménagement, une somme considérable pour un restaurant, même selon les critères en place au centre-ville de Montréal.

« Après avoir fait évoluer notre identité visuelle, défini notre nouveau positionnement de restaurants de charme à l’italienne, repensé nos menus et annoncé notre objectif de 200 restaurants, nous sommes aujourd’hui très fiers d’annoncer l’ouverture de notre premier restaurant dans un grand centre-ville, avait déclaré à l’ouverture Nathalie Lehoux, présidente des restaurants Pacini. Le nouveau Pacini Quartier des Spectacles intègre tous nos changements et toutes nos meilleures pratiques en matière de nutrition. Le tout dans l’édifice LEED La Capitale situé à seulement 300 mètres de la place des Festivals ! »

Or, la lune de miel entre le locataire Pacini et son bailleur La Capitale n’a pas duré. L’assureur de Québec a mis en vente un portefeuille de cinq immeubles en octobre 2019, incluant le 425, De Maisonneuve Ouest. Les édifices de bureaux du boulevard Laurier à Québec ont été rachetés par Georges Gantcheff, de Cromwell Management. Le 425, De Maisonneuve a été payé 86 millions par une société en commandite appartenant à Gabriel et Michel Bitton en novembre 2019.

Le moral dans les talons

Si Pierre Marc Tremblay a refusé de commenter le différend ayant mené à la fermeture de son resto, il a en revanche accepté de parler de son quotidien en ces temps de confinement. « Chaque jour est plus difficile que le précédent. On n’a absolument aucune idée encore aujourd’hui du moment où l’on va pouvoir rouvrir. Je vis les pires moments de ma carrière d’administrateur. Tout ce que j’ai bâti comme patrimoine est en train d’y passer », a-t-il confié à La Presse.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Pierre Marc Tremblay, propriétaire des restaurants Pacini

Pacini compte 27 adresses ; environ la moitié sont des établissements franchisés, les autres appartiennent directement à l’entreprise. La société n’a aucun revenu autonome depuis que le gouvernement a exigé la fermeture des salles à manger le 23 mars, assure M. Tremblay. Il essaie de se dépatouiller avec les programmes gouvernementaux. L’entreprise a commencé à offrir des commandes en ligne la semaine dernière seulement. Mis à part le 425, De Maisonneuve Ouest, aucun autre point de service de la chaîne de restos italiens n’a fermé définitivement ses portes depuis l’éclosion de la maladie.

— Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse