Frappée par la pandémie, Air Canada a brûlé environ 22 millions de dollars de liquidités par jour en mars et perdu 1,049 milliard de dollars au premier trimestre de 2020. L'entreprise a par ailleurs refusé de se prononcer sur la conclusion de la transaction avec Transat.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

L’an dernier à pareille date, le transporteur national avait réalisé un profit de 345 millions. Une part très importante de cette perte, 711 millions, est toutefois attribuable à une perte de change, plutôt qu’à ses opérations.

Plus concrètement, l’entreprise a enregistré une perte d’exploitation de 433 millions de dollars, comparable à un bénéfice de 127 millions au premier trimestre de 2019.

Après avoir contracté divers emprunts et épuisé certaines lignes de crédit pour un total de 1,027 milliard au cours du trimestre, Air Canada a terminé le trimestre avec des liquidités disponibles de 6,523 milliards de dollars, comparativement à 7,38 milliards au 31 décembre 2019.

Sa dette nette est maintenant de 4,17 milliards, en hausse de 1,329 milliard en à peine trois mois.

Le chef de la direction financière, Michael Rousseau, a indiqué aux analystes financiers que le rythme des sorties de fonds s'est légèrement atténué en avril, à environ 20 millions de dollars par jour.

Les activités d’Air Canada ont été ralenties à compter du mois de janvier, moment où elle a mis fin à ses vols vers la Chine. Le ralentissement a été brutal en mars, alors que le Canada a mis en place des restrictions de vols et fermé ses frontières en raison de la pandémie de COVID-19.

Il s'agit de la « période la plus sombre de toute l’histoire de l’aviation commerciale », selon le président et chef de la direction du transporteur aérien Calin Rovinescu. « Aucun adjectif ne peut qualifier l'impact cataclysmique de la pandémie sur notre industrie », a poursuivi celui qui a aussi, lors d'un appel-conférence avec les analystes financiers, parlé de « carnage financier » et de « dislocation de l'industrie ».

« Nous prévoyons actuellement qu’il faudra au moins trois ans pour revenir aux niveaux de 2019 en ce qui a trait aux revenus et à la capacité », a-t-il souligné, lundi, par voie de communiqué. À ce titre, des réductions de flotte et de personnel sont à prévoir durant cette période, a-t-il prévenu.

« Nous avons dressé un plan visant à gérer un ralentissement prolongé, car nous savons que la pandémie aura des répercussions importantes aussi bien sur la demande passagers que sur la trésorerie à court et à moyen terme », a souligné M. Rovinescu.

Pour tenter de rassurer les passagers, Air Canada lance un nouveau programme, SoinPropre+, qui touche le nettoyage des appareils et des installations aéroportuaires.

Transat: pas de commentaires

Interrogé sur ses intentions quant à la transaction par laquelle Air Canada doit mettre la main sur Transat, M. Rovinescu a dit ne vouloir émettre aucun commentaire avant que cette transaction ne soit approuvée par les autorités réglementaires.

La foi des investisseurs dans la clôture de cette transaction, du moins dans sa forme prévue, semble fortement ébranlée. Alors que le contrat prévoit qu'Air Canada verse 18$ pour chacune des actions de Transat, celles-ci s'échangeaient lundi matin à environ 8,50$, après une baisse d'environ 12% en ouverture des marchés.

L'action d'Air Canada a elle-même chuté d'environ 12% à l'ouverture des Bourses, lundi matin.

- Avec La Presse canadienne