(Paris) Airbus a annoncé mercredi la réduction d’un tiers de sa cadence de production d’avions pour répondre aux demandes de reports de livraisons de ses compagnies aériennes clientes, paralysées par la crise du coronavirus.  

Sonia WOLF
Agence France-Presse

« Nos clients, les compagnies aériennes, sont lourdement affectés par la COVID-19. Nous adaptons notre production à leur nouvelle situation et travaillons sur des mesures opérationnelles et financières pour faire face à cette réalité », a commenté le patron d’Airbus Guillaume Faury, cité dans le communiqué.

Selon lui, le constructeur européen « n’a pas d’annulations en vue, mais beaucoup de demandes de reports ». « C’est pourquoi nous avons décidé de ne pas produire les avions que nous n’allons pas livrer en 2020 ».  

Les compagnies aériennes paient un lourd tribut dans la propagation mondiale du coronavirus, accompagnées de fermetures de frontières et de restrictions de déplacements avec des pertes de chiffre d’affaires estimées par le secteur à 252 milliards de dollars pour 2020.  

L’avionneur européen a indiqué qu’il réduisait sa production mensuelle à 40 appareils de la famille 320, contre 60 avant la crise, à deux pour les long-courriers A330 et à six par mois pour les A350. Mi-février, Guillaume Faury avait indiqué qu’il tablait sur 40 livraisons d’A330 sur l’année et sur une production mensuelle de 9 à 10 A350.

« Cela représente une réduction des cadences moyennes d’environ un tiers », résume Airbus.

Airbus avait annoncé lundi la suspension temporaire de la production des sites de Brême (Allemagne) et Mobile (États-Unis).

« Nous ne fermerons aucun de nos sites, nous continuerons à dépendre de nos quatre sites (de production de l’A320) et évidemment principalement Hambourg qui est le plus important », a expliqué M. Faury lors d’une conférence de presse téléphonique.

Le moyen-courrier vedette de l’avionneur européen est construit à Toulouse (France), Tianjin (Chine), Mobile (États-Unis) et Hambourg (Allemagne).

Liquidités disponibles de 30 milliards d’euros

Sur le plan de l’emploi, dans l’immédiat Airbus propose à ses salariés de prendre des congés ou de puiser dans leurs comptes épargne temps, a expliqué M. Faury.

Concernant les mesures sociales comme le chômage partiel en France, « nous n’y avons pas encore eu recours », a-t-il poursuivi tout en précisant que le groupe se préparait « à demander ce type de mesures, mais un peu plus tard ».

Face à son concurrent américain Boeing forcé de stopper toute sa production d’avions civils aux États-Unis en raison du coronavirus et toujours dans l’attente de l’homologation du Boeing 737 MAX, Airbus a enregistré 21 commandes nettes en mars et livré 36 appareils.

Cela porte son bilan au premier trimestre à 290 commandes nettes et 122 livraisons alors que l’épidémie a frappé l’important marché chinois dès janvier, selon Airbus, qui se félicite de cette « performance commerciale et industrielle ».

Soixante autres appareils ont été produits durant le trimestre, mais n’ont pu être livrés aux clients en raison de l’épidémie de COVID-19.

L’avionneur a par ailleurs enregistré un total de 66 annulations depuis le début de l’année, dont 44 en mars. Son carnet de commandes s’établissait à fin mars à 7650 appareils dont 6749 monocouloirs A220 et de la famille A320.

Airbus indique également travailler « sur un plan de maîtrise des liquidités à court terme ainsi que sur sa structure de coûts à plus long terme ».

L’avionneur avait annoncé le 23 mars avoir obtenu une nouvelle ligne de crédit pour porter ses liquidités disponibles à 30 milliards d’euros contre 20 précédemment.

Il avait alors également annulé le versement de dividendes à ses actionnaires au titre de l’année 2019 ainsi que ses prévisions de résultats pour 2020.