(Montréal) Afin de réduire ses coûts en raison de la pandémie de la COVID-19, le spécialiste québécois des simulateurs de vol et de la formation CAE met à pied près du quart de son effectif — soit environ 2600 personnes — en plus de procéder à des réductions salariales et de suspendre son dividende, ainsi que son programme de rachat d’actions.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Quelque 1525 des employés touchés se trouvent au Canada et la majorité de ceux-ci travaillent aux installations de la multinationale québécoise dans l’arrondissement montréalais de Saint-Laurent.

De plus, environ 900 autres employés verront leur semaine de travail réduite, a fait savoir lundi CAE, en annonçant ses mesures.

L’entreprise, qui compte plus de 10 500 salariés à l’échelle mondiale, avait déjà annoncé le 24 mars la mise à pied temporaire de 465 travailleurs, alors que la propagation du nouveau coronavirus frappait de plein fouet le secteur du transport aérien.

Son président et chef de la direction, Marc Parent, verra son salaire réduit de moitié, alors que la baisse sera de l’ordre de 30 % pour les autres vice-présidents de la compagnie. La rémunération d’autres cadres sera également réduite.

« La prise de mesures décisives […] nous aidera à protéger nos employés et nos activités à court terme et nous donnera la souplesse nécessaire pour poursuivre notre croissance à long terme lorsque le trafic aérien mondial reprendra », a souligné M. Parent, dans un communiqué.

Également présente dans le secteur de la santé, CAE a mis au point, en seulement 11 jours, un prototype de ventilateur destiné aux patients infectés par la COVID-19 et qui se trouvent aux soins intensifs. La compagnie attend l’approbation de Santé Canada afin de débuter la production.

La société s’approvisionne en composants pour assembler les dispositifs dans ses installations montréalaises.

« Nous comptons rappeler au moins 150 personnes dès que possible pour travailler sur les ventilateurs », a expliqué la porte-parole de CAE, Pascale Alpha, au cours d’un entretien téléphonique.

L’entreprise analyse également les différentes mesures d’aide annoncées par les gouvernements, dont la subvention salariale proposée par Ottawa. Il est toutefois encore trop tôt pour dire si cela entraînera d’importants rappels.

Si CAE risque d’être affectée négativement par une baisse des commandes de simulateurs de vol — les compagnies aériennes étant paralysées aux quatre coins du globe—, l’entreprise devrait être en mesure de traverser ces turbulences, a estimé l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

Près des deux tiers de la cinquantaine de centres de formation exploités par l’entreprise sont toujours ouverts.

Cette proportion devrait demeurer intacte, selon Steve Arthur, de RBC Marchés des capitaux, puisque la « formation (dans l’aviation civile) est un secteur hautement réglementé, ce qui oblige les pilotes à s’entraîner à “tous les six à neuf mois ».

« Bien entendu, avec les fermetures de frontières et avec de nombreux pilotes en congé, nous anticipons une diminution des taux d’utilisation de ces centres à court terme », a écrit l’analyste, dans une note envoyée par courriel à ses clients.