(New York) L’action Boeing s’est envolée à Wall Street mercredi, les investisseurs semblant persuadés que l’avionneur est un des principaux gagnants du plan « historique » de relance de l’économie américaine, qui prévoit des centaines de milliards de dollars d’aides pour les entreprises affectées par la pandémie de coronavirus.

Agence France-Presse

Le titre a gagné 24,32 % à 158,73 dollars, ce qui a représenté des gains de plus de 17 milliards de dollars en termes de capitalisation boursière en 24 heures.

Il a tiré dans son sillage le Dow Jones, l’indice vedette de la Bourse de New York, dont il est un des membres les plus importants.

Boeing a ainsi connu la meilleure séance boursière de son histoire, après avoir déjà gagné 21 % la veille.

Cette envolée du titre est due au fait que les investisseurs estiment que Boeing, confronté avant la COVID-19 à la crise du 737 MAX, son avion cloué au sol depuis plus d’un an après deux accidents ayant fait 346 morts, va recevoir l’assistance demandée au gouvernement fédéral.

D’après le Washington Post, les sénateurs américains ont inclus, dans leur plan de relance de 2000 milliards de dollars, une provision spéciale visant à accorder des prêts de 17 milliards de dollars à des entreprises jugées « critiques pour maintenir la sécurité nationale ».

Si la provision ne mentionne pas le nom de Boeing, elle a été rédigée expressément pour le groupe, ont assuré au journal des sources anonymes.

Cette aide est distincte de l’enveloppe de 425 milliards de dollars en prêts promise aux sociétés pour les aider à faire face à la crise sanitaire. Boeing pourrait y avoir accès par ailleurs.

Le géant de Seattle a demandé « au moins 60 milliards de dollars », en prêts garantis, au gouvernement fédéral pour lui et sa chaîne de fournisseurs, qui soutiennent, affirme Boeing, 2,5 millions d’emplois aux États-Unis.

Le constructeur emploie plus de 150 000 personnes à travers le monde, dont 70 000 dans le seul État de Washington dans le nord-ouest.

À compter de ce mercredi, la production des avions long-courriers est suspendue pendant 14 jours dans les usines de Washington, tandis que le site de production du monocouloir 737 MAX est à l’arrêt depuis janvier.

Boeing n’a pas licencié, ce qui a conduit son directeur général, David Calhoun, à avertir mardi, sur la chaîne de télévision Fox News, que l’assistance financière du gouvernement fédéral ne devrait pas s’accompagner d’une prise de participation au capital, comme le souhaitent des parlementaires démocrates.

« S’ils l’obligent, nous envisagerons d’autres options et des options, nous en avons pleins », a déclaré M. Calhoun.

Les élus américains sont encore en train de finaliser les détails de leur plan, qui devra ensuite être voté par l’ensemble des parlementaires.