(Lille) L’usine du constructeur ferroviaire canadien Bombardier de Crespin (Nord) est à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre, tous les salariés travaillant en production étant depuis lundi au chômage partiel, a-t-on appris de sources concordantes à l’issue d’un CSE extraordinaire.

Agence France-Presse

« Il n’y a plus de production. L’usine est à l’arrêt », a assuré à l’AFP Karim Khatabi, délégué du syndicat Sud, qui avait demandé la tenue de cette réunion dans le contexte de l’épidémie liée au coronavirus. « C’est une sage décision de la direction. Je suis agréablement surpris. »

Selon lui et un autre élu Sud qui souhaite garder l’anonymat, environ 800 salariés, ouvriers et techniciens en production, sur les 1500 salariés au total, seront au chômage partiel, les autres en télétravail dans la mesure du possible. Ils ignoraient pour l’heure ce qui allait advenir pour les intérimaires et les sous traitants.

L’usine était notamment en train de construire des RER NG.

Sollicitée, la direction n’a pas souhaité s’exprimer dans l’immédiat.

« À partir d’aujourd’hui, les portes de l’usine sont fermées pour une période illimitée, peut-être deux mois », a confirmé à l’AFP Éric Taboga, délégué CGT, présent au CSE lundi matin aux côtés du médecin du travail, de la direction du site et de Bombardier France.

« La production passe après la santé des salariés », a-t-il ajouté, affirmant que les salariés au chômage partiel, en production, devraient toucher 82 % de leur salaire.

« Il vaut mieux perdre 15 % de son salaire, être en bonne santé et ne pas mettre les autres en danger qu’être mort », a estimé M. Khatabi, selon lequel la mesure « phare » préconisée par le gouvernement de « distance sociale » d’au moins un mètre n’est pas applicable partout dans l’usine.

Crespin, ouverte il y a près de trente ans, est aujourd’hui le premier site industriel ferroviaire en France, avec 1500 salariés et environ 400 à 500 intérimaires. Elle a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 813 millions d’euros et ses carnets de commandes sont pleins.

Mi-février, le constructeur ferroviaire français Alstom avait annoncé son intention de racheter l’activité ferroviaire du conglomérat canadien Bombardier.