Le volume quotidien de réservations a chuté d’environ 50 % depuis quelques jours en raison des craintes et interdictions liées au coronavirus, a confié jeudi matin la direction de Transat dans le cadre de l’assemblée annuelle de ses actionnaires.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

La journée du 24 février a marqué un « point d'inflexion » pour les ventes de Transat, qui ont alors commencé à diminuer par rapport à l'année précédente, a expliqué la chef de l'exploitation Annick Guérard. D'abord faiblement, puis « ça c'est accru de jour en jour ».

En réaction à cette situation « très dégradée », l’entreprise a mis en branle certaines mesures, a indiqué le chef de la direction financière Denis Pétrin. Cela inclut la suspension des dépenses discrétionnaires, l'instauration d'un programme « volontaire » de réduction de la semaine de travail à quatre jours et une réévaluation de la grille de vols.

« C'est volontaire, mais nous mettons beaucoup de pression et nous le poussons », a admis Mme Guérard à propos de la réduction du temps de travail.

Dans le contexte, contrairement à l'habitude, la direction de l'entreprise n'a fourni aucune prévision financière pour le prochain trimestre.

« Évidemment, dans notre métier, on ne fait pas des prédictions sur la base des revenus d’une journée ou d’une semaine, a indiqué M. Pétrin. Compte tenu de la difficulté à savoir dans quelle direction la situation va évoluer au cours des mois à venir, nous nous abstenons complètement de donner des perspectives de nos résultats futurs. »

Il semble toutefois acquis que les résultats des mois d’avril et mai seront difficiles, a-t-il convenu. Le président et chef de la direction, Jean-Marc Eustache, a reconnu qu'il s'agissait là de mois de basse saison pour Transat. « C'est notre chance, ça aide. »

En Bourse, l'action de Transat s'échange à moins de 11$ jeudi, même si une clôture de la transaction avec Air Canada signifierait un retour de 18$. Les marchés semblent donc escompter soit un retrait d'Air Canada, soit un refus de la part des autorités gouvernementales, jugées à approuver la transaction sur la base de la concurrence.

La direction de Transat a assuré hier deux actionnaires qui ont posé des questions à cet effet que le plan d'arrangement conclu avec Air Canada ne prévoyait aucune façon pour l'acheteur de se retirer. Le risque d'une épidémie, dit-on, y est explicitement prévu et prévoit le maintien de l'entente. Air Canada n'aurait d'ailleurs pas encore affiché d'intention de retrait.

Au premier trimestre, l’entreprise a affiché une perte nette attribuable aux actionnaires de 33,8 millions, ou 90 cents par action, alors que la perte s’était chiffrée à environ 53 millions, ou 1,41 $ par action, il y a un an.

Pour la période de trois mois terminée le 31 janvier, les revenus ont totalisé 692,8 millions, en progression de 7 %.

Abstraction faite des éléments non récurrents, la perte ajustée par action s’est établie à 54 cents au premier trimestre, par rapport à 1,04 $ par action à la même période lors de l’exercice précédent.

En août dernier, les actionnaires de Transat A. T. ont accepté l’offre bonifiée de 18 $ par action - soit environ 720 millions - proposée par le plus grand transporteur aérien au pays. La transaction fait toutefois l’objet d’un examen minutieux des autorités réglementaires.

- Avec La Presse canadienne