Maux de tête en perspective pour le fabricant du célèbre Tylenol. Mardi, la Cour supérieure du Québec a autorisé une action collective contre la société pharmaceutique Johnson & Johnson.

Stéphanie Grammond Stéphanie Grammond
La Presse

Tous les Québécois qui ont acheté un des 19 produits Tylenol pour adulte ou un des 12 produits Tylenol pour enfant entre le 23 octobre 2015 et le 12 décembre 2017 seront automatiquement couverts par l’action.

Ils seront représentés par Kathleen Gauthier. La consommatrice allègue que Johnson & Johnson a omis de divulguer les effets secondaires du Tylenol, notamment les risques de mort et de problèmes de foie nécessitant une transplantation.

La dame a acheté du Tylenol avant de prendre connaissance de ces risques en 2017. Elle affirme que si elle avait été informée convenablement, elle en aurait consommé moins souvent et elle n’en aurait pas donné à ses deux enfants.

Elle soutient que Johnson & Johnson a caché les risques aux consommateurs pour préserver ses parts de marché. Selon elle, cette omission est particulièrement inconcevable puisque la société pharmaceutique était au courant du danger et qu’elle l’avait volontairement divulgué aux États-Unis.

Sur les produits vendus aux Américains, l’entreprise prévient clairement que la consommation de deux verres d’alcool combinée à la prise de Tylenol peut causer des problèmes de foie. Afin d’éviter les surdoses mortelles, la société pharmaceutique a aussi réduit le dosage maximum quotidien, assurant ainsi une plus grande marge de sécurité.

Or, ces précautions n’ont jamais été implantées au Canada, prétend Mme Gauthier, qui n’a jamais souffert de problèmes de santé liés au Tylenol.

Mais cela n’a pas empêché le tribunal de donner son feu vert à l’action collective qui est pilotée par les avocats Karim Renno et Michael E. Vathilakis, du cabinet Renno Vathilakis.

Ils cherchent à obtenir 10 millions de dollars en dommages compensatoires, ainsi que 100 $ par personne en dommages punitifs.