L’ancien grand patron et actuel vice-président du conseil d’administration de la firme d’ingénierie WSP Global, Pierre Shoiry, écope d’une amende de 75 000 $ pour avoir commis deux infractions déontologiques en lien avec un système de collusion et de financement politique à la Ville de Montréal dans les années 2000.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Dans une décision rendue publique lundi, le comité de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a entériné la suggestion commune des parties pour imposer une telle amende. Dans le cadre de ce règlement, Pierre Shoiry a renoncé de façon irrévocable à son titre d’ingénieur, souligne le comité de discipline.

Le comité de discipline relève comme facteurs aggravants que Pierre Shoiry était un ingénieur « expérimenté » et que son niveau hiérarchique au sein de l’entreprise lui imposait d’être le « gardien du respect des règles applicables aux appels d’offres auxquels participait Génivar, responsabilité à laquelle il a porté attention tardivement ».

L’ex-grand patron de Genivar, devenue WSP Global en 2014, a reconnu en novembre dernier ne pas avoir mis en place les mesures nécessaires au sein de l’entreprise entre 2003 et 2010 pour « surveiller l’application des directives internes au niveau des processus d’appels d’offres afin de prévenir, d’arrêter, de mettre fin ou d’éliminer des procédés malhonnêtes et douteux ayant cours au sein de Genivar ».

Pierre Shoiry a également admis avoir failli à déployer les mesures pour surveiller les directives internes au niveau du financement politique, « ce qui aurait pu prévenir que soit versé, directement ou indirectement, à un parti politique ou ses représentants, un avantage, une ristourne ou une commission en vue d’obtenir un contrat ».

Selon l’OIQ, il s’agit du neuvième ingénieur de la firme Genivar à être reconnu coupable par le conseil de discipline d’actes en lien avec un système de partage de contrats.