Quatre ans après avoir annoncé une commande pour 45 appareils de l’ex-C Series de Bombardier, la promesse d’Air Canada entourant l’entretien des avions maintenant appelés A220 commence finalement à se préciser.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Ce travail devrait s’effectuer à Mirabel par Avianor, a annoncé lundi le transporteur aérien, qui envisage également confier plus de travail à Aircraft Services (AAR), qui effectue déjà la maintenance de ses Airbus A320 et des Embraer E190.

Les lettres d’intention signées avec les deux entreprises sont toutefois liées à la conclusion de l’acquisition de Transat A. T. par Air Canada, qui doit obtenir plusieurs approbations réglementaires et dont la clôture est prévue d’ici la fin juin. Aucun montant n’a été avancé en ce qui a trait aux investissements potentiels. Il en va de même pour les échéanciers des deux projets.

Une porte-parole du plus important transporteur aérien au pays, Pascale Déry, a assuré, dans un courriel, que l’entretien des A220 se ferait en sol québécois même si la prise de contrôle du voyagiste québécois devait avorter.

« Si la transaction ne devait pas se concrétiser, notre plan stratégique de maintenance devra être adapté en fonction de la taille de notre flotte et de notre engagement à faire effectuer l’entretien des A220 pour une période de 20 ans au Québec, a-t-elle écrit. Cet engagement ne change pas peu importe les scénarios. »

Lorsque Air Canada avait annoncé sa commande, en février 2016, la société s’était engagée à « réaliser les travaux de révision et d’entretien lourds des cellules de ces appareils au Québec, par un fournisseur de services de maintenance reconnu, pour une période minimale de 20 ans ». Cet engagement devait aider « à l’établissement dans la province d’un centre d’excellence » pour la maintenance de cet appareil.

En échange, Québec avait laissé tomber sa poursuite à l’endroit de la compagnie aérienne en lien avec la fermeture de l’entreprise de maintenance Aveos survenue en 2012, qui comptait plus de 2600 employés, dont 1800 à Montréal.

Le premier A220 d’Air Canada est entré en service en janvier. C’est aux États-Unis que Pratt & Whitney effectuera l’entretien des moteurs de ces appareils.

Avianor mène des études et envisage de construire un nouveau hangar d’une superficie de 250 000 pieds carrés à proximité des installations d’Airbus à Mirabel, dans les Laurentides. Chez Avianor, la directrice des communications, Rosalie Côté, n’était pas en mesure de chiffrer précisément l’investissement nécessaire, indiquant qu’il était de « plusieurs millions de dollars ». L’entreprise est déjà présente sur le site de l’Aéroport de Mirabel, où elle compte plus de 350 employés affectés à du travail de maintenance et la finition d’avions, notamment.

« Cela représente plusieurs centaines d’emplois, voir jusqu’à 1000 postes », a-t-elle indiqué au cours d’un entretien téléphonique.

L’entente avec Air Canada serait d’une durée de 10 ans, ce qui est en deçà des 20 ans promis par la compagnie aérienne, mais elle pourrait être reconduite. Elle permettrait aussi à Avianor de décrocher des contrats auprès d’autres exploitants de l’A220. En Amérique du Nord, Delta Air Lines est l’autre transporteur nord-américain à exploiter l’A220 pour le moment.

Pour sa part, AAR, qui a repris les installations de Premier Aviation à Trois-Rivières et Windsor en Ontario, pourrait hériter de l’entretien des Airbus A330 ainsi que de la famille d’appareils A320 de la flotte combinée d’Air Canada et d’Air Transat si la transaction va de l’avant.

Cette entreprise est responsable de la maintenance des A320 et des Embraer E190 d’Air Canada depuis 2017, à la suite de l’octroi d’un contrat de 10 ans évalué à 500 millions. L’entente fournit du travail à 350 personnes.

Si la lettre d’intention se concrétise en contrat, AAR dit avoir l’intention de procéder à des investissements à Trois-Rivières, qui n’ont pas été chiffrés, pour y réaliser les travaux d’entretien sur les gros-porteurs d’Air Canada et Air Transat. À l’heure actuelle, l’entretien des 20 A330 de Transat A. T. se fait au Brésil.

« Le volume de révision et d’entretien lourd serait suffisant pour justifier ces investissements et établir un centre d’excellence », a-t-elle fait valoir.

Si elle se concrétise, l’entente serait valable pour 10 ans avec une option de renouvellement.