(Toronto) La Banque Royale surveille l’évolution de la récente récente éclosion de coronavirus et celle de la crise des barrages ferroviaires à travers le pays, mais elle estime qu’il est trop tôt pour voir la pleine incidence de l’un ou l’autre de ces éléments.

Tara Deschamps
La Presse canadienne

Le chef du risque de la banque torontoise, Graeme Hepworth, a indiqué vendredi qu’il s’intéressait à la nouvelle forme du coronavirus, qui s’est propagée à une poignée de Canadiens et à des dizaines de milliers d’autres dans le monde, car elle expose la Royale à de multiples dangers.

« D’abord et avant tout, il n’est question que de la santé et la sécurité de nos employés, et ensuite, de nous assurer que nous avons la continuité et la résilience opérationnelles pour traverser cette période, et traverser une période où les choses pourraient potentiellement empirer », a-t-il affirmé. « Et puis nous regardons l’aspect financier de la situation. »

Il a noté que la Banque Royale n’avait pas d’activités en Chine continentale, et dont que la banque n’avait pas d’exposition directe aux effets de l’épidémie là-bas. Mais elle pourrait néanmoins ressentir l’impact de « la disparition du consommateur chinois pendant une période de temps » et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, en raison de l’importance de la Chine dans le secteur de la fabrication.

M. Hepworth a précisé que la banque évaluait les secteurs qui, selon elle, seraient les plus touchés et discutait avec ses clients du problème, « mais la réalité est qu’il est encore trop tôt, trop tôt pour vraiment avoir une idée de l’impact réel ici ».

« Cela va vraiment dépendre de la durée et de la gravité et en ce moment, c’est très incertain », a-t-il affirmé. « Nous ne voyons aucun impact sur notre portefeuille pour le moment, nous surveillons donc le potentiel. »

Les perspectives de M. Hepworth étaient à peu près les mêmes au sujet des manifestants opposés au gazoduc Coastal GasLink, qui ont bloqué des voies ferrées en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, ce qui a notamment obligé le Canadien National (CN) à suspendre son service et VIA Rail à annuler des dizaines de trains de voyageurs.

« C’est trop incertain, et il est trop tôt pour fournir des indications sur l’importance que cela pourrait prendre », a-t-il indiqué, faisant référence aux impacts potentiels sur les résultats de la banque au deuxième trimestre, qui doivent être publiés en mai.

Résultats records au 1er trimestre

Ses commentaires s’inscrivaient dans le cadre de la conférence téléphonique de la banque au sujet de ses résultats du premier trimestre, clos le 31 janvier. La Royale a dévoilé un bénéfice de 3,5 milliards pour son plus récent trimestre.

En outre, elle a annoncé qu’elle verserait désormais un dividende trimestriel de 1,08 $ par action, alors que celui-ci était précédemment de 1,05 $.

Le profit par action de la banque s’est chiffré à 2,40 $, comparativement à celui de près de 3,2 milliards, ou 2,15 $ par action, du même trimestre un an plus tôt.

Le bénéfice ajusté s’est établi à 2,44 $ par action.

Les analystes misaient en moyenne sur un bénéfice ajusté de 2,31 $ par action, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

La banque a expliqué que ces profits avaient été alimentés par une croissance record du secteur des marchés des capitaux et une solide progression du bénéfice du secteur des services bancaires aux particuliers et aux entreprises. Les activités de gestion de patrimoine et d’assurance ont aussi enregistré une croissance, mais celle-ci a été partiellement contrebalancée par de plus faibles résultats des services aux investisseurs et de trésorerie.

« Nous avons connu un excellent début d’année en enregistrant des bénéfices trimestriels records. […] Nous avons publié des résultats records pour les services bancaires et les marchés financiers canadiens, et de très bons résultats pour la gestion de patrimoine, malgré les vents contraires des taux d’intérêt, ainsi qu’un bon trimestre en assurance », a affirmé le président et chef de la direction de la banque, Dave McKay.

« Nos résultats ont été alimentés par une forte croissance des volumes dans nos principales franchises, une baisse de la provision pour pertes sur créances et une gestion prudente des dépenses. »

Colin Cieszynski, stratège en chef du marché chez SIA Wealth Management, a indiqué dans une note aux investisseurs qu’il considérait ces résultats comme un signe que « la saison des résultats des banques canadiennes connaissait un bon départ ».

La Royale était la première des grandes banques à présenter ses résultats, ce trimestre. La Banque TD, la Banque Scotia, la Banque CIBC et la Banque Nationale suivront la semaine prochaine.