Les employés syndiqués de La Cordée comptent bien négocier leur première convention collective malgré les difficultés financières du détaillant d’articles de plein air.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

« Pour nous, [ça ne change] rien du tout. On continue tel que tel », affirme le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du commerce de la CSN, David Bergeron-Cyr. Son organisation a accrédité en septembre dernier la centaine de personnes qui travaillent dans deux des cinq magasins (ceux de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent).

La négociation n’est pas commencée, mais « on prépare le projet ». « C’est bizarre un peu que ça arrive en même temps, mais on n’a pas d’indication qu’il y a un lien quelconque entre cette annonce, la syndicalisation et la négociation pour la convention collective », souligne M. Bergeron-Cyr.

Lundi, les 400 employés du détaillant ont reçu un courriel de la part du conseil d’administration annonçant que l’entreprise s’était placée à l’abri de ses créanciers en raison de ses importantes difficultés financières.

Le président du syndicat était bien au fait de la situation.

L’adhésion à la CSN s’est faite avec l’objectif d’être capable d’influencer l’entreprise dans la bonne direction qu’elle doit prendre justement pour aller mieux qu’elle va maintenant.

David Bergeron-Cyr

Il n’a pas été possible de connaître le total des dettes de La Cordée. La syndique responsable du dossier chez MNP, Sheri Aberback, n’a pas rappelé La Presse. Une autre employée a mentionné que la liste des créanciers ne serait pas disponible avant « trois ou quatre jours ». Au palais de justice de Montréal, le dossier n’avait même pas encore été créé.

La présidente du conseil de La Cordée, Louise Bernard, a également annoncé la nomination d’une nouvelle PDG. Il s’agit d’Emmanuelle Ouimet, arrivée à La Cordée en 2019 à titre de directrice du marketing. Il n’a pas été possible mardi de lui parler.

Gestion « des années 50 »

Le printemps dernier, le détaillant avait réduit ses effectifs de 10 % (40 personnes) après un hiver difficile. Selon la CSN, c’est à la suite de cet évènement que des employés ont voulu se syndiquer, ce qui a été fait quelques mois plus tard.

La façon de faire et le choix des personnes ont frustré ceux qui sont restés, rapporte M. Bergeron-Cyr.

« C’est une entreprise qui existe depuis les années 50 et leur modèle de gestion date aussi, pas mal, des années 50. La vieille structure pyramidale […] ce n’est pas un modèle très fonctionnel et les employés sentent qu’ils peuvent en faire pas mal plus pour l’entreprise. »

Selon la CSN, le marché des articles de sport et de plein air est « en croissance », mais « très compétitif ». Les employés des principaux concurrents ne sont pas syndiqués.

La Cordée exploite deux boutiques dans l’île de Montréal, une à Laval et une à Saint-Hubert. Elle a également acquis l’enseigne La Vie Sportive, à Québec, en 2018.