(Québec) Avec une lourde dette à rembourser, Bombardier ne peut conserver ses deux principales divisions et devra se départir soit des trains soit des avions d’affaires, estime le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. Le premier ministre François Legault veut « tout faire pour garder les emplois » des deux divisions.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Selon le Wall Street Journal, Bombardier entretient des discussions avec le géant américain Textron en vue de la vente de sa division d’avions d’affaires. Il y a quelques jours, une autre rumeur faisait état de discussions avec Alstom à propos de la division Transport, spécialisée dans le matériel ferroviaire.

Il est par ailleurs acquis que Bombardier procédera à la vente de sa partie restante dans l’A220, le programme connu précédemment sous le nom de la C Series sur lequel Airbus a mis la main.

Lors d’une mêlée de presse au parlement mardi, Pierre Fitzgibbon a expliqué qu’il reste donc deux divisions, les trains et les avions d’affaires. « Est-ce que les deux peuvent cohabiter ? Ça va être difficile », a-t-il laissé tomber, rappelant que Bombardier traîne un boulet imposant. « Et les trains, et les avions d’affaires font de l’argent ; les trains, un peu moins. Il y a de belles opérations, les deux. La question, c’est : on a de l’opération, la dette de neuf milliards, est-ce qu’on peut continuer comme c’est là ? Je pense que la réponse est non. »

Le ministre convient que la vente de la division des avions d’affaires aurait un impact beaucoup plus dommageable au Québec, en raison de la grappe aéronautique autour de Bombardier. Mais cette division est un « modèle plus ancien », selon lui.

Quant à la division ferroviaire, elle est « très stratégique », car « le futur il est là », dans la « mobilité urbaine ». Mais c’est tout de même « complexe » puisque les acheteurs sont des gouvernements. « Dans les trains, il y a cinq joueurs internationaux. On va avoir une certaine consolidation probablement », a-t-il observé. « C’est sûr que de faire des synergies, des fusions, c’est intéressant. Il y a plusieurs scénarios possibles. »

Selon lui, « il faut faire confiance au conseil d’administration (de Bombardier), aux aviseurs financiers qui sont là ».

Le gouvernement du Québec n’a pas reçu de demande « formelle » de contribution financière de la part de Bombardier. Il est essentiellement impliqué dans les discussions sur l’A220, dans lequel il a une part de 16 %. La Caisse de dépôt a quant à elle 30 % des actions de la division ferroviaire.

De son côté, le premier ministre François Legault a signalé qu’il va « tout faire
pour garder le maximum d’emplois au Québec ». Il y en a environ 13 000 emplois dans l’aéronautique, contre 1000 dans les trains, a-t-il souligné. « Je vais tout faire pour garder les emplois de Bombardier, autant dans la partie aéronautique que dans la partie train. »

– Avec la collaboration d’Hugo Pilon-Larose, La Presse