Les richissimes fondateurs de la chaîne de dépanneurs Couche-Tard, Alain Bouchard et Richard Fortin, participent à l’achat de l’un des plus reconnaissables immeubles de bureaux du nord de l’île de Montréal.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Le 16 janvier, la société en commandite Galion Équité a payé 41 millions pour acquérir le 1611, boulevard Crémazie Est à Montréal, qui fait face au boulevard Métropolitain. Le vendeur est l’assureur-vie Industrielle Alliance.

Connu aussi sous le nom Centre Mégatech, le 1611, Crémazie Est est un édifice de 10 étages et de 214 000 pi2, construit en 1986. L’étage type propose 22 000 pi2. La propriété est évaluée à 31,7 millions par la Ville de Montréal.

Nous aimons la localisation de l’actif qui permet aux travailleurs de la Rive-Nord tout comme à ceux de la Rive-Sud d’y avoir un accès direct.

Yves Sanscartier, président de Galion

Existant depuis 2015, Galion Équité regroupe une belle brochette de gens d’affaires. Outre Alain Bouchard et Richard Fortin, on y trouve Jeannot Harvey, président et fondateur de la firme d’ingénieurs du Saguenay Cegerco, Jean-Yves Roy, président du conseil et propriétaire de Services ménagers Roy, Pierre Martin, président de PMA architectes, de Québec, Réjean Leclerc, Pasquale Carbone et Yves Sanscartier.

M. Sanscartier soutient que tous ces partenaires ont également des participations dans les immeubles de bureaux Jonxion à Brossard, à proximité de la gare Du Quartier du Réseau express métropolitain.

Pour sa part, Réjean Leclerc est analyste immobilier chez Galion. Il a auparavant présidé Courbec, société immobilière ayant des relations de longue date avec la FTQ. Courbec loge d’ailleurs dans le Complexe FTQ, au 545, Crémazie Est. 

« Ni la FTQ, ni le Fonds de solidarité, ni le fonds immobilier FTQ, ni les syndicats ne participent dans le financement de l’achat du 1611, Crémazie », précise M. Sanscartier.

Pasquale Carbone, fondateur de Développements Carbocan, est partenaire d’affaires de longue date de Galion et d’Yves Sanscartier. Ensemble, ils ont réalisé la tour de condos Orizon dans Mont-Royal.

Sa société Carbocan a été reconnue coupable en 2010 d’avoir financé illégalement le parti politique de Gérald Tremblay, Union Montréal, à l’occasion d’une activité de financement organisée à la résidence lavalloise du magnat de l’immobilier Vincent Chiara en 2005.

De l’action dans les bureaux

L’achat du 1611, Crémazie Est survient au moment où le secteur des bureaux vit une activité de location intense dans la région montréalaise. La superficie des bureaux sous bail a augmenté de 3,1 millions de pi2, soit l’équivalent de trois gratte-ciel de la hauteur du 1000, De La Gauchetière. Un tel niveau n’a pas été vu depuis 20 ans, souligne l’agence Jones Lang LaSalle dans sa revue du marché montréalais au quatrième trimestre de 2019.

« L’absorption nette positive de plus de 3,1 millions de pi2 dont a bénéficié le marché montréalais en 2019 représente un niveau de près de 3,5 fois supérieur à la moyenne historique des 10 dernières années », écrit l’agence.

L’achat du 1611, Crémazie Est suit de quelques jours à peine l’achat d’une autre tour de bureaux, soit celle du 1100, boulevard René-Lévesque Ouest au coût de 225 millions. L’acheteur est le Groupe Mach, de Vincent Chiara, en association avec le Groupe Petra, dont les actionnaires principaux sont Giuseppe Borselino, beau-frère de Lino Saputo père, et Jolina Capital, le holding familial des Saputo.

Giuseppe Borsellino et Lino Saputo père ont fait l’objet d’un reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada dans lequel on faisait état des relations qu’auraient entretenues dans le passé les deux hommes d’affaires avec des figures du crime organisé.