(Davos) Le président américain Donald Trump a qualifié l’avionneur Boeing, plombé par la crise du 737 MAX, de « grande, grande déception », s’inquiétant de l’impact potentiel « énorme » sur l’économie, dans une interview donnée à Davos à la chaîne CNBC.

Agence France-Presse

« Boeing, c’est une grande, grande déception pour moi », a-t-il indiqué, en marge du Forum économique mondial dans la station de ski suisse.

L’avionneur américain a annoncé mardi que le 737 MAX ne revolera pas avant mi-2020, ce qui devrait gonfler la facture des déboires de cet avion cloué au sol depuis plus de dix mois après deux accidents ayant fait 346 morts.

« C’était, disons jusqu’à il y a un an, l’une des plus grands groupes du monde, et soudainement, plein de choses sont arrivées. Je suis tellement déçu par Boeing, tout cela a eu un énorme impact », a poursuivi le président américain.

« Vous savez, quand vous parlez de la croissance, l’impact (des déboires de Boeing) est tellement énorme », a-t-il insisté.

Selon le cabinet Oxford Economics, les effets des déboires de Boeing sur l’investissement, le commerce et les stocks, accumulés au premier trimestre 2020, pourraient représenter un impact sur le PIB d’environ 0,5 % en chiffres annualisés.

La majeure partie de cet impact proviendrait des exportations, Boeing – qui exporte les trois-quarts de sa production – représentant une part importante du commerce extérieur américain.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin avait reconnu mardi que le rythme de la croissance américaine serait influencé par le temps qu’il faudra « pour que le MAX reprenne son activité », prenant acte du poids économique de Boeing.

Il avait en revanche critiqué les prévisions de croissance selon lui « trop basses » du Fonds monétaire international (FMI) qui table sur une croissance de 2 % aux États-Unis cette année puis de 1,7 % l’an prochain.

Or, Donald Trump a fait du rythme de croissance des États-Unis, plus soutenu que celui des autres économies développées, l’un des principaux arguments de la campagne pour sa réélection, vantant notamment ses performances économiques lors de son allocution à Davos mardi.

La mise en cause du système anti-décrochage MCAS du 737 MAX avait par ailleurs mis en lumière les carences de la supervision exercée par l’agence fédérale de l’aviation (FAA), régulateur du secteur aéronautique, suscitant la colère des parlementaires américains.