(New York) Ticketmaster a accepté mercredi de payer une amende de 10 millions de dollars US pour échapper aux poursuites criminelles l’accusant d’avoir piraté le système informatique d’une nouvelle entreprise rivale.

Tom Hays Associated Press

Un juge de la Cour fédérale à New York a accepté l’accord, qui met fin à une bataille judiciaire de longue date remettant en cause la domination de Ticketmaster sur la vente de billets pour les grands concerts musicaux. La filiale de Live Nation faisait face à plusieurs accusations de complot en vue de commettre un piratage informatique et des fraudes par télécommunications visant une entreprise de Brooklyn appelée Songkick.

Ticketmaster avait déjà versé 110 millions de dollars en 2018 pour régler une poursuite civile intentée par Songkick.

Selon des documents judiciaires, Ticketmaster était accusée d’avoir tenté d’infiltrer des systèmes informatiques créés par Songkick pour des artistes qui avaient embauché la jeune entreprise afin de les aider à vendre jusqu’à 10 % des sièges pour des tournées américaines par le biais de leurs « fan clubs ». Le concept était considéré comme un moyen de récompenser les fans fidèles tout en contrecarrant les revendeurs de billets — une stratégie qui pouvait aussi réduire les bénéfices de l’empire Ticketmaster.

Des employés de Ticketmaster « ont accédé à plusieurs reprises — et illégalement — aux ordinateurs d’un concurrent sans autorisation en utilisant des mots de passe volés pour collecter illégalement des informations commerciales potentielles », selon le procureur Seth DuCharme.

Un communiqué de Ticketmaster publié mercredi affirme que cette conduite ne concernait que deux employés congédiés en 2017.

« Leurs actions violaient nos politiques d’entreprise et étaient incompatibles avec nos valeurs », indique le communiqué. « Nous sommes heureux que cette question soit maintenant résolue. »

Des messages ont été laissés à Warner Music Group, l’actuel propriétaire de Songkick, pour l’inviter à commenter le règlement.

Le stratagème, mis au point en 2014 par un ancien employé de Songkick qui a rejoint Ticketmaster et l’un de ses collègues, visait à pirater des comptes afin d’identifier des clients de Songkick et les dissuader de faire affaire avec l’entreprise, ont déclaré les procureurs dans les documents judiciaires.

Dans des communications internes, l’un des employés s’est vanté que Ticketmaster pourrait « scier les jambes » de Songkick si elle arrivait à reconquérir la prévente de billets pour un artiste majeur non identifié, selon les documents.