Unifor a organisé, lundi, une journée d’appui pour les employés en lock-out des entreprises Shell Canada et Gate Gourmet, à Montréal. Le lancement de cette « campagne de risposte » a pour but de dénoncer « les employeurs qui se servent de la pandémie pour demander toutes sortes de concessions qui n’ont pas lieu d’être », selon le syndicat.

Isabelle Massé Isabelle Massé
La Presse

Elle vise spécifiquement une vingtaine d’employés de Shell Canada et une vingtaine d'autres de Gate Gourmet, entreprise de plats pour les compagnies aériennes.

Près de 80 personnes étaient notamment réunies lundi matin sur le site de Shell Canada, à Rivière-des-Prairies, et environ 70 aux installations de Gate Gourmet, à Dorval. « La pandémie a le dos large, dit Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor. Gate Gourmet, par exemple, nous est arrivée avec 145 demandes (gel salarial sur cinq ans, embauche uniquement de travailleurs à temps partiel ou saisonniers, retrait de semaines de vacances, baisses de primes de quart…) lors de nos rencontres habituelles. Et là, on nous a mis en lock-out avant même qu’on étudie les demandes. »

Unifor déplore que les entreprises invoquent la COVID-19 ainsi que les baisses de revenus et suppressions d’emplois qui en découlent pour justifier certaines demandes. Après avoir perdu un contrat d’Air Canada, Gate Gourmet, par exemple, avait licencié 250 employés. « On est conscients des difficultés rencontrées par certains employeurs, dit Renaud Gagné. Mais certains abusent. On demande que les discussions se fassent de bonne foi. On n’a jamais hésité à regarder des solutions avec les entreprises. »

Une année de conflits

Or, Unifor compte trois lock-out en très peu de temps : depuis les 27 et 10 novembre respectivement dans les cas de Shell Canada et de Gate Gourmet. Et celui de la papetière WestRock, à Pointe-aux-Trembles, qui a pris fin il y a quelques semaines. « On a réussi à venir à bout de régler ça, dans ce cas-ci », dit Renaud Gagné.

Le 12 novembre, Metro est arrivée à une entente avec les 680 employés de son centre de distribution de Jean Coutu à Varennes. Plus tôt, en août, le Port de Montréal est aussi arrivé à une entente (une trêve de sept mois) avec ses débardeurs. En septembre, les chauffeurs de Demix Béton, à Saint-Hubert, ont été mis en lock-out.

Jointe par courriel, Gate Gourmet n’avait pas répondu à la demande d’entrevue de La Presse au moment de publier.