(Montréal) Malgré la pandémie de COVID-19, TC Transcontinental est prête à bouger si des occasions d’achat se présentent, maintenant qu’elle a digéré la grosse bouchée prise dans le secteur de l’emballage aux États-Unis il y a deux ans et demi.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Son président et chef de la direction, François Olivier, estime que l’intégration de Coveris Americas, annoncée en avril 2018 au coût de 1,7 milliard CAN, qui a considérablement fait grandir sa division de l’emballage de produits alimentaires, a livré des résultats au-delà des attentes.

Ce secteur génère plus de la moitié du chiffre d’affaires annuel de Transcontinental.

« Nous sommes en avance sur notre plan et nous avons des leviers à notre disposition pour recommencer à faire des acquisitions », a-t-il expliqué, jeudi, au cours d’une entrevue téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre, où l’imprimeur et éditeur a dépassé les attentes malgré une baisse de ses revenus et profits nets.

Le 1er décembre, la société québécoise a nommé Éric Morisset au poste de chef du développement et dont le mandat sera de piloter la stratégie d’acquisition. De plus, le ratio d’endettement de Transcontinental est de 1,9 fois son bénéfice d’exploitation ajusté, ce qui est « très enviable », a estimé M. Olivier.

Au cours du dernier exercice financier, l’entreprise établie à Montréal a néanmoins bouclé quelques transactions, dont celle d’Enviroplast, dédiée au recyclage de plastiques souples. M. Olivier a dit être prêt à analyser des transactions dans tous les secteurs de l’entreprise : l’emballage de produits alimentaires, l’impression et les médias-et que la compagnie a jusqu’à 750 millions à sa disposition pour acheter.

Transcontinental a terminé son année financière en voyant son bénéfice net fondre de plus de moitié au quatrième trimestre, à 51,3 millions, ou 59 cents par action. Pour la période terminée le 25 octobre, les revenus ont décliné de 17 %, à 655,7 millions.

Après ajustements pour exclure certains éléments, le profit a atteint 72,4 millions, soit 83 cents par action, comparativement à celui de 69,9 millions, ou 80 cents par action, un an plus tôt.

Cette performance a surpassé les attentes des analystes, qui prévoyaient en moyenne un bénéfice ajusté de 62 cents par action, à partir de revenus de 647,3 millions, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Les investisseurs ont réagi favorablement, puisque jeudi, à la Bourse de Toronto, l’action de catégorie A de Transcontinental a pris environ 3,8 %, ou 74 cents, pour clôturer à 20,23 $.

Au cours de la prochaine année financière, M. Olivier a dit s’attendre à observer la dynamique actuelle — une forte demande pour les emballages de produits alimentaires et un secteur de l’impression au ralenti — pour encore plusieurs mois.

La crise sanitaire a privé la division qui imprime notamment des circulaires et des manuels scolaires d’au moins 300 millions en revenus au cours de 2020, a souligné M. Olivier. La baisse des volumes est de l’ordre d’environ 20 %.

« Il y a plusieurs de nos clients qui sont à l’arrêt et qui ont des problèmes au chapitre de la chaîne d’approvisionnement, a-t-il expliqué. Évidemment, produire des circulaires promotionnelles quand il n’y a pas de produits dans les magasins et qu’on ne peut pas répondre à la demande… on n’a pas besoin d’annoncer tant que cela. »

Pour l’exercice, Transcontinental a engrangé des profits nets de 131,7 millions, ou 1,51 $ par action. Son chiffre d’affaires a fléchi de 15,3 %, à 2,57 milliards, essentiellement en raison d’une diminution des volumes du côté de la division d’impression provoquée par la pandémie de COVID-19.

En excluant des éléments non récurrents, comme des coûts de restructuration, le bénéfice ajusté s’est établi à 227 millions, ou 2,61 $ par action, en hausse de 3,1 % comparativement à 2019.

Pour l’exercice financier terminé le 25 octobre, Transcontinental a inscrit un montant de 58,5 millions réclamé en vertu du programme de la Subvention salariale d’urgence du Canada offerte par le gouvernement Trudeau depuis le début de la pandémie.