(Zurich) Le patron du laboratoire américain Moderna s’est félicité mercredi de l’homologation du vaccin de son concurrent Pfizer au Royaume-Uni alors que le groupe a lui-même amorcé les démarches pour obtenir l’autorisation de son vaccin.  

Agence France-Presse

« C’est une très bonne nouvelle », a déclaré Stéphane Bancel, son directeur général, lors d’un panel de discussion organisé par le Forum économique mondial (Davos), soulignant que le pays va ainsi pouvoir commencer les programmes de vaccination pour « protéger les personnels de santé et personnes âgées ».  

Le laboratoire Moderna, qui revendique une efficacité à 94,5 % de son vaccin sur la base de résultats préliminaires, a déposé en début de semaine des demandes d’autorisation de son vaccin.  

L’agence américaine des médicaments doit se réunir pour examiner son vaccin d’ici le 17 décembre tandis que l’Union Européenne entend, elle, l’examiner au plus tard d’ici le 12 janvier.  

Le patron de Moderna a précisé que le laboratoire est « en bonne voie » pour disposer de 20 millions de doses d’ici la fin de l’année et pourra débuter rapidement les programmes de vaccination.

La principale difficulté sera de faire grimper les capacités de production, a-t-il reconnu lors des discussions dans ce panel qui réunissait des représentants des grands laboratoires pour examiner les grands défis qui attendent maintenant le secteur pour lancer une campagne de vaccination à grande échelle au niveau mondial.  

« On a beaucoup parlé des gens qui affirment ne pas vouloir de vaccin », a-t-il observé.

« Mais je pense qu’il y aussi beaucoup de gens qui vont vouloir un vaccin très rapidement pour retrouver une vie normale », a-t-il ajouté, notant que les prochains mois risquent d’être « très frustrants » pour se procurer des vaccins « au premier », « au deuxième », au « troisième trimestre » et probablement tout au long de l’année.  

Après une course pour mettre au point des vaccins en un temps record, un des grands défis va être d’organiser de grandes opérations de logistique pour lancer une campagne mondiale de vaccination sans précédent et reprendre le contrôle de la pandémie.

« La première vague de vaccinations visera à protéger les gens qui sont les plus susceptibles de mourir ou de tomber gravement malades s’ils sont infectés », a déclaré le Dr Michael Ryan, le responsable des situations d’urgence à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un évènement séparé à Genève.  

Dans un second temps, les vaccinations seront étendues à d’autres pans de la population.

« La première chose que nous verrons, nous espérons, est une baisse des taux de mortalité, a-t-il expliqué. Mais le nombre de cas pourrait ne pas diminuer aussi rapidement jusqu’au moment où suffisamment de personnes auront été vaccinées », a-t-il souligné.  

« Ce que nous voulons éviter est une situation où nous aurions un taux de mortalité relativement faible, mais pas assez vaccinations pour reprendre pleinement le contrôle de la maladie », a-t-il insisté.