(Washington) Avec son vaccin anti-COVID dans la dernière ligne droite, Moderna, la petite société de biotechnologies, chérie des investisseurs, a vu sa capitalisation gonfler à plus de 59 milliards de dollars lundi en cours de séance à la Bourse de New York.

Agence France-Presse

Après avoir annoncé qu’il allait déposer lundi des demandes d’autorisations de son vaccin contre la COVID-19 aux États-Unis et en Europe, le laboratoire américain, dirigé par un Français, affichait une hausse de 17 % de son titre vers 13 h 30 à 148,36 dollars.

L’action qui a été introduite sur le NASDAQ en 2018 à 23 dollars a vu sa valeur multipliée par plus de six en deux ans.

Pour les neuf premiers mois de 2020, le chiffre d’affaires de cette jeune pousse à la réputation d’être secrète est de 232,7 millions de dollars contre 46 millions l’année d’avant, selon les données du groupe.

Mais selon les estimations de Bloomberg, il pourrait atteindre plus de 5 milliards de dollars en 2021.

La société, créée en 2010 à Cambridge au Massachusetts et dirigée par Stéphane Bancel, a reçu 2,5 milliards de dollars d’argent public américain pour accélérer sa recherche de vaccin et pour financer les essais cliniques.

« Ce qui enflamme vraiment le titre c’est que Moderna prévoit de déposer une demande d’approbation d’utilisation d’urgence auprès de la FDA, ouvrant la possibilité que son vaccin soit disponible d’ici quelques semaines », se réjouissaient les analystes de Briefing.

Dix jours plus tôt, l’alliance Pfizer/Biotech avait elle aussi annoncé demander le feu vert de l’autorité de régulation des médicaments pour son vaccin. Les deux projets sont basés sur des vaccins « à ADN » ou « à ARN », des produits expérimentaux utilisant des morceaux de matériel génétique modifié.

Mais alors que les annonces successives de bonnes nouvelles sur le front des vaccins ces dernières semaines ont fait grimper la Bourse de New York à de nouveaux records, lundi les investisseurs ne se sont pas emballés, préférant digérer les hausses des jours derniers.

À la mi-séance, à 11 h 50, le Dow Jones, qui a pour la première fois dépassé les 30 000 points mardi avant de battre en retraite, perdait 1,10 %, le NASDAQ qui a terminé vendredi sur un nouveau record, perdait 0,53 %.

Tous les secteurs de l’indice S&P (-0,68 %) étaient en baisse, même celui de la santé malgré les hausses des titres des autres candidats à des vaccins comme Pfizer (+2,31 %) et son partenaire BioNtech (+7,50 %) ou Novavax (+13 %).