(New York) Le constructeur automobile américain General Motors (GM) va bien coopérer avec le concepteur de camions électriques et à hydrogène Nikola, mais ne prendra pas de participation dans son capital, contrairement à ce qui avait été annoncé début septembre.  

Agence France-Presse

L’action de Nikola chutait de 18 % dans les échanges électroniques précédant l’ouverture de la Bourse à Wall Street. Celle de GM de 0,4 %.  

Les deux entreprises ont indiqué lundi avoir conclu un protocole d’accord selon lequel GM fournira son système de piles à combustible Hydrotec pour les semi-remorques destinés aux moyennes et longues distances développés par Nikola.

Elles vont aussi continuer à discuter de la possibilité d’utiliser la batterie électrique conçue par GM, Ultium, pour certains véhicules fabriqués par la start-up, ajoute le document en précisant que le protocole d’accord peut encore évoluer.

La coopération établie par le nouveau texte va beaucoup moins loin que celle annoncée le 8 septembre, qui prévoyait que GM prenne une participation de 11 % dans Nikola et aide la start-up a développer le pick-up Badger.  

Un porte-parole de GM a confirmé lundi à l’AFP que le nouveau texte ne prévoyait pas de prise de participation.

La société Nikola a par ailleurs indiqué qu’elle abandonnait l’idée de fabriquer le Badger et prévoyait de rembourser tous les clients ayant versé une avance.

Quand les deux groupes avaient annoncé leur alliance, l’opération était considérée comme une étape importante dans la stratégie de développement des véhicules électriques engagée par GM. Elle apportait par ailleurs à Nikola, jeune pousse fondée en 2015 et entrée en Bourse en juin dernier, une certaine légitimité.  

Mais une société d’investissements avait quelques jours plus tard publié un rapport accusant la start-up d’être une vaste supercherie basée sur les mensonges de son fondateur, Trevor Milton.

Ce dernier a démissionné mi-septembre de son poste de président du conseil d’administration et GM a exigé de reprendre les négociations.

Les deux groupes étaient depuis restés muets sur l’avancée de ces nouvelles discussions.  

« En gros, que GM devienne un partenaire est un élément positif, mais l’absence de participation et la perte de potentiels milliards de dollars en recherche et développement est un coup dur majeur pour Nikola », a commenté l’analyste Dan Ives de Wedbush Securities.  

« On est passé d’un accord changeant la donne pour Nikola à un partenariat d’approvisionnement solide sans être extraordinaire », a-t-il ajouté.

L’action de Nikola pourrait être d’autant plus chahutée cette semaine que certains détenteurs de titres, dont l’ex-patron Trevor Milton, peuvent désormais céder une partie de leurs parts sur les marchés après une période pendant laquelle cela leur était interdit.