Même s’il y avait de courtes files d’attente devant certains commerces, le Vendredi fou a été relativement tranquille. Une situation qui serait décourageante en temps normal pour les entreprises, mais qui, dans le contexte de la pandémie, était plutôt souhaitée et souhaitable.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

La stratégie d’échelonner les rabais sur quelques jours a fonctionné pour amoindrir l’affluence, a constaté le DG du Conseil québécois du commerce de détail, Stéphane Drouin.

« J’ai fait plusieurs magasins. Je me suis promené pas mal et j’ai été content de ce que j’ai vu. Il y avait du monde, mais moins que les autres années. C’est encourageant pour les prochaines semaines. On ne voulait pas devoir gérer des files et du monde dehors. »

Aussi a-t-il remarqué que les détaillants ont modifié leur approche en ce qui concerne les rabais. « Des articles très recherchés à prix exceptionnels, il n’y en a pas eu. Rien pour faire briser des vitres. »

Les avertissements de santé publique semblent aussi avoir été entendus.

Ce qui n’a pas empêché un flot constant de clients de se pointer au Best Buy de l’arrondissement de Greenfield Park. La Presse y a croisé un couple qui en ressortait avec un immense téléviseur. « On a fait plusieurs places. Walmart, Canadian Tire, La Source. Mais là, c’était la dernière ! », nous a lancé la dame qui n’est « pas forte sur les achats en ligne ».

Un autre couple d’un certain âge avait les mains vides en se rendant à sa voiture. Il se cherchait un ordinateur et avait besoin de conseils donnés en personne. Et la COVID-19 ? Pas une source de préoccupation. « On se désinfecte les mains en rentrant. »

Un jeune homme qui tenait une cartouche d’encre était déçu de son expérience. « Ce n’était même pas en solde ! Ça aurait dû l’être ! » À l’intérieur, l’employée à l’accueil comptait 90 clients. La moitié du maximum permis.

Boutiques occupées, boutiques désertes

Au Mail Champlain, c’était calme dans le magasin d’articles de sport Décathlon.

« Avez-vous des rabais fous ? avons-nous demandé.

— Non, nos prix sont fous à l’année », nous a répondu un sympathique employé.

Dans les corridors, ça ne manquait pas de vie. Les kiosques d’entreprises de téléphones étaient particulièrement occupés. Les boutiques Yves Rocher et Stokes aussi. Mais ailleurs, d’autres vendeuses s’ennuyaient visiblement en l’absence de clients.

Le Sports Experts avait exceptionnellement ouvert à 8 h et presque 10 personnes faisaient la queue, notamment « pour les manteaux », nous a indiqué le responsable de l’accueil.

À Montréal, le Complexe Desjardins avait annoncé une promotion alléchante : les clients avaient droit à 50 % du montant de leurs achats en cartes-cadeaux. Dès 10 h, une longue file de personnes scotchées à leur téléphone longeait déjà le garde-corps vitré.

Il n’a guère été possible de savoir comment s’était déroulée la journée au Carrefour Laval ; le directeur du centre n’a pas été autorisé à nous parler.

Bien évidemment, bon nombre de consommateurs ont profité de l’évènement sans devoir porter un masque. Ils ont préféré acheter en ligne. Et gageons que le niveau de transaction demeurera assez élevé au cours des prochains jours puisque le Cyberlundi est à nos portes.

Robin Sahota, directeur général et responsable des ventes au détail au Canada pour la société de services professionnels Accenture, croit que les détaillants pourraient garder certains rabais spéciaux pour le Cyberlundi. « Cela va être une journée pendant laquelle les détaillants vont vouloir ajouter quelques incitatifs pour séduire les consommateurs, particulièrement avec l’avance du Vendredi fou », a-t-il mentionné à La Presse Canadienne.