La pandémie continue de limiter les déplacements de façon générale, mais le PDG d’Alimentation Couche-Tard s’attend à ce que les ventes d’essence retrouvent un niveau plus normal d’ici l’été prochain.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

« L’arrivée prochaine d’un vaccin est une très bonne nouvelle. Il y aura donc une fin à tout cela et on peut s’attendre à ce que le volume de carburant retrouve un niveau beaucoup plus normal dans six à neuf mois », a indiqué Brian Hannasch durant une conférence téléphonique organisée mercredi en marge de la présentation des résultats trimestriels.

« D’ici là, nous faisons cependant face à plusieurs mois de restrictions et de confinements potentiels. Bien que les confinements soient temporaires, ils affectent la demande puisque les gens restent à la maison et parcourent moins de kilomètres sur les routes. »

Couche-Tard a révélé mardi soir avoir vendu moins d’essence qu’il y a un an durant la période couvrant la fin de l’été et le début de l’automne, mais en dégageant de meilleures marges. La direction a cependant souligné avoir vendu plus de marchandises, une tendance qui sera suivie avec intérêt dans les prochains mois afin de savoir si elle est soutenable.

Les revenus du congé américain de l’Action de grâce, qui débute ce jeudi, et de la période des Fêtes qui suivra sont particulièrement difficiles à prévoir cette année en raison de la crise sanitaire.

Durant la conférence téléphonique, Brian Hannasch a notamment fait remarquer que les ventes de billets de loterie étaient particulièrement fortes, une situation qui s’expliquerait, selon lui, par la fermeture des casinos durant la pandémie.

Brian Hannasch a par ailleurs fait savoir que Couche-Tard poursuivait ses préparatifs visant à offrir à court terme des bornes de recharge pour les véhicules électriques. « Le Québec et la Californie risquent d’être nos points de départ », a-t-il dit sans ajouter de précisions.

Le gouvernement du Québec a révélé la semaine dernière son intention d’interdire la vente de nouveaux véhicules à essence à partir de 2035.

Investisseurs prudents, analystes épatés

Les investisseurs ont accueilli la plus récente performance trimestrielle de Couche-Tard avec un haussement d’épaules même si les résultats ont largement surpassé les attentes et que les analystes se sont montrés épatés.

L’action de la chaîne de dépanneurs lavalloise est demeurée relativement stable mercredi. Le titre, qui a clôturé à 42,97 $ à Toronto, est aujourd’hui sensiblement de retour à son niveau d’avant-pandémie.

La réaction des investisseurs est possiblement liée en partie aux inquiétudes entourant l’impact d’une adoption plus large des véhicules électriques sur la rentabilité future de Couche-Tard. « La direction pourrait avoir mieux expliqué l’impact des véhicules électriques dans les marchés où leur pénétration est élevée », dit Martin Landry, analyste chez Stifel GMP.

Même si les revenus du trimestre ont reculé de 22 %, à 10,7 milliards US, les résultats obtenus avec plusieurs indicateurs clés ont dépassé de façon importante les prévisions des analystes pour le troisième trimestre de suite. Le bénéfice par action s’est par exemple élevé à 66 cents US, alors que le consensus des experts s’établissait à 51 cents US.

L’analyste Peter Sklar, de la BMO, souligne d’ailleurs que la « surprise » vient principalement des marges plus élevées dégagées sur les ventes de carburant aux États-Unis et en Europe. « Les marges bénéficient d’un déclin des coûts de production », précise de son côté Patricia Baker, de la Scotia.

« C’est un autre trimestre exceptionnel », a pour sa part commenté Irene Nattel, chez RBC.

Le dividende est bonifié de 25 %. C’est la deuxième fois cette année que le dividende est haussé. Il avait été augmenté de 12 % en mars.

Treize des quatorze analystes qui suivent Couche-Tard recommandent l’achat du titre actuellement.