Après plusieurs années à tenter de notamment faire sa marque avec les sièges vibrants dans les salles de cinéma, l’entreprise de Longueuil D-Box entreprend un ambitieux virage vers le divertissement à la maison.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

« On veut révolutionner le divertissement à domicile », dit le nouveau PDG de l’entreprise de Longueuil, Sébastien Mailhot.

Pour y arriver, D-Box lance en partenariat avec le fabricant de meubles de Terrebonne Jaymar un siège plus abordable avec l’objectif d’amener les consommateurs à vivre une expérience immersive dans le confort de leur salon.

Le prix initial de ce fauteuil est fixé à 3600 $US, somme à laquelle il faudra ajouter un abonnement (ou payer à la pièce) pour faire fonctionner le système et sentir des sensations à de l’écoute de films, séries, concerts, etc.

Il était possible de vivre l’expérience D-Box à la maison dans le passé, mais l’investissement de départ était beaucoup plus important.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Sébastien Mailhot, PDG de D-Box

« Il s’agissait d’un système à domicile haut de gamme. On a voulu le rendre plus accessible. Dans la version précédente, la technologie se vendait 10 000 $US, sans le banc, et uniquement pour écouter des films », dit Sébastien Mailhot.

Changement majeur

Les ventes du segment consommateur représentent aujourd’hui entre 5 et 10 % du chiffre d’affaires annuel d’environ 30 millions de D-Box, précise Sébastien Mailhot. Il veut que ça compte pour plus de 50 % des revenus d’ici trois ans.

On vise une croissance accélérée. Si on génère seulement 10 % de croissance de revenus dans les prochaines années, on aura manqué notre coup.

Sébastien Mailhot, PDG de D-Box

D-Box se préparait à lancer son nouveau produit l’année prochaine, mais la pandémie a incité l’entreprise à revoir ses plans.

« Les gens veulent consommer leurs expériences de divertissement de façon différente. On voit une tendance accélérée pour une expérience bonifiée. Et doublement accélérée dans un monde COVID-19 avec des déplacements de budget vers le gaming et l’ameublement. On voulait rentrer dans le marché avant Noël pour se positionner. »

Diversification

D’autres produits pour consommateurs seront lancés au cours de la prochaine année. « On veut démocratiser la technologie haptique d’implication du corps à domicile. Il y aura une chaise de bureau pour les amateurs de jeux vidéo et dans un deuxième temps un dispositif de simulation de course automobile », dit Sébastien Mailhot.

« On amène un réalisme à l’expérience des gens. On veut compléter l’expérience et non distraire. »

La transformation de D-Box se prépare depuis un moment. Elle était d’ailleurs au cœur de l’entrevue d’embauche qui a amené Sébastien Mailhot à succéder ce printemps à Claude McMaster à la tête de D-Box.

Encore un intérêt pour le cinéma

Même si les temps sont durs pour les salles de cinéma et que D-Box y générait environ 50 % de ses revenus prépandémie, Sébastien Mailhot s’attend à une reprise dans ce secteur lorsque les mesures de distanciation s’assoupliront.

« L’affluence est intéressante dans des pays où il est à nouveau possible d’aller au cinéma, comme en Chine par exemple. Les gens cherchent un divertissement local. »

Il croit que beaucoup de consommateurs voudront revenir tester l’expérience haptique au cinéma avant d’acheter un fauteuil pour leur domicile.

« Et les cinémas voudront encore plus pousser les expériences immersives ou bonifiées qui génèrent des revenus supplémentaires. » Il ajoute que l’an prochain, avec tous les films reportés en 2021, il n’y aura jamais eu autant de films déjà tournés pour faire revenir les consommateurs. « On a hâte que ça rouvre. »

En plus des salles de cinéma, la technologie de D-Box a fait son chemin dans d’autres types de divertissement comme les parcs d’attractions, les arcades, et certains musées (trains, olympiques, etc.).

L’entreprise continue de générer des revenus dans la formation professionnelle avec sa technologie dans le secteur industriel notamment auprès de John Deere et Caterpillar, mais aussi dans le secteur militaire.

« On fait de la formation comme CAE avec des petits simulateurs d’avions et d’hélicoptère dans des écoles régionales. CAE vend ça 20 millions. Nous c’est 50 000 $, mais on récolte 85 %. La formation est un segment très résilient, car elle doit se faire en continu. »

« L’action a quitté le banc de punitions »

Depuis son entrée en poste en avril, Sébastien Mailhot dit travailler fort pour bien faire comprendre que D-Box est une entreprise de technologie haptique et non pas qu’une entreprise derrière des sièges vibrants au cinéma.

Le message commence à être entendu, selon lui. « L’action a quitté le banc de punitions cette année », dit-il. Le titre est passé de 3 cents à 27 cents en août avec l’annonce d’un partenariat avec Ubisoft.

INFOGRAPHIE LA PRESSE

« On veut montrer que D-Box avec sa technologie peut changer le futur du divertissement à domicile. On n’est pas un OSBL. On veut donc des marges intéressantes dans chaque segment où nous sommes présents, donc des marges dignes de celles dégagées par les entreprises de technologies. »