Le Canadien National devient le premier gros transporteur ferroviaire en Amérique du Nord à produire un rapport d’impact des changements climatiques sur ses affaires en fonction des normes internationales promulguées par le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC).

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

En agissant ainsi, le CN rejoint un organisme international lancé il y a cinq ans lors d’un sommet du G20 des plus grandes économies du monde, et auquel adhèrent maintenant 1500 des plus grandes entreprises du monde, dont la capitalisation totalise les 12 600 milliards de dollars américains.

Depuis sa création en 2015 sous l’égide du Conseil de stabilité financière, qui est l’un des plus importants organismes internationaux de coordination et de supervision des marchés financiers, le GIFCC a élaboré une série de lignes directrices en matière d’évaluation et de divulgation des risques financiers et d’affaires liés aux changements climatiques sur les activités des entreprises d’importance dont le capital-actions et les titres obligataires sont cotés sur les marchés financiers.

Au CN, son président-directeur général, Jean-Jacques Ruest, estime que la publication de ce « premier rapport GIFCC » par le géant ferroviaire nord-américain dirigé de Montréal constitue « un autre jalon dans notre engagement à soutenir la transition vers une économie à faibles émissions de carbone ».

Selon la direction du CN, ce premier « rapport GIFCC » s’ajoute aux mesures de gestion de ses impacts sur l’environnement en fonction de « normes internationales » telles que le Pacte mondial des Nations unies, la Global Reporting Initiative (GRI) et le Sustainability Accounting Standards Board (SASB) en matière de normes comptables et financières en développement durable. La direction mentionne aussi les objectifs de « mobilité durable » énoncés par les Nations unies et la Banque mondiale.

Quant à ses opérations d’affaires, le CN affirme notamment qu’il « domine l’industrie ferroviaire nord-américaine avec une consommation de carburant par tonnes-milles brutes inférieure d’environ 15 % à la moyenne des chemins de fer de première catégorie ».

Aussi, la direction du CN affirme avoir « réduit de 40 % l’intensité des émissions de ses locomotives, soit 46 millions de tonnes de carbone en moins » depuis une quinzaine d’années.

GIFCC au rapport

Par ailleurs, la réalisation de ce premier « rapport GIFCC » au CN survient un mois après la publication du troisième rapport annuel de ce groupe de travail international dirigé par l’homme d’affaires américain Michael Bloomberg, président-fondateur du géant des informations financières Bloomberg LP et ex-maire de New York, de 2002 à 2013.

Dans son rapport, le GIFCC signale une « montée en force du soutien à ses recommandations » en matière de divulgation des impacts liés aux changements climatiques parmi les entreprises de grande taille.

Toutefois, le GIFCC note aussi que le niveau de divulgation plus spécifique concernant les risques financiers liés aux changements climatiques pour les entreprises et leurs investisseurs demeure inférieur aux objectifs et aux attentes mis en place depuis trois ans.

Pour l’essentiel, les directives du GIFCC recommandent aux entreprises de divulguer la teneur et l’impact de leur gestion de risques liés aux changements climatiques sur leur stratégie d’affaires. Aussi, les directives du GIFCC demandent la production d’un compte rendu annuel des mesures prises par les entreprises pour contrôler et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), de même que l’impact de ces mesures sur leurs décisions d’importance en matière de dépenses d’immobilisations, de transactions de fusions et acquisitions ainsi qu’en désinvestissement d’actifs significatifs.

Jusqu’à maintenant, selon le plus récent rapport du GIFCC, c’est parmi les grandes entreprises des secteurs de l’énergie, des matériaux de base et du bâtiment que l’on dénombre le plus haut niveau de divulgation conforme à ses recommandations.

En contrepartie, le GIFCC rapporte que de nombreuses entreprises sont réticentes à devoir divulguer des informations qu’elles estiment confidentielles, en l’absence de mesures de risque et de normes de divulgation qui soient plus répandues dans leur secteur d’activités.

Consultez un extrait du « rapport GIFCC » du Canadien National