La compagnie minière Iamgold a annoncé lundi matin la mise à pied de 473 travailleurs souterrains de sa mine Westwood, située à Preissac, en Abitibi. Cela représente 70 % de la main-d’œuvre qui travaille sous terre. La production d’or à Westwood n’a toujours pas repris, à la suite de l’évènement sismique survenu le 30 octobre dernier.

Michel Ducas, Initiative de journalisme local
La Presse Canadienne

Par voie de communiqué, l’entreprise indique qu’elle réévaluera la situation à la mine Westwood au début de 2021, ce qui laisse croire que les travailleurs mis è pied temporairement ne seront pas de retour avant cette date. Entretemps, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) poursuit toujours son enquête pour tenter de déterminer les causes de cet évènement sismique.

« Nos enquêteurs sont toujours sur place, mais il est trop tôt pour tirer des conclusions, a indiqué le porte-parole de la CNESST, Yvon Grégoire, par voie de courriel. L’information sera dévoilée une fois l’enquête terminée. »

À quelques semaines de Noël

« C’est une nouvelle qui est loin de nous réjouir, mais il était essentiel de s’assurer que la reprise de la production à la mine Westwood allait se faire de façon totalement sécuritaire pour nos employés, souligne le directeur de la mine, Sylvain Collard. Nos équipes en mécanique des roches sont à pied d’œuvre pour tenter de savoir ce qui s’est passé exactement. »

Le syndicat qui représente les travailleurs souterrains de la mine Westwood appuie totalement les mesures prises par la direction. « Nos membres trouvent cela difficile à l’approche du temps des Fêtes, mais ils comprennent la situation, dit le président du Local 9291 des Métallos (FTQ), André Racicot. Certains protocoles sont mis en place pour pourvoir certains postes dans d’autres divisions en attendant, et nos membres seront prêts quand la mine sera de nouveau sécuritaire. »

Pas le premier évènement sismique

La mine Westwood n’en est pas à un premier évènement sismique, mais cela ne signifie pas que l’on doive fermer complètement le gisement, selon Sylvain Collard. « Chaque évènement sismique a son propre ADN, dit-il. Nous ne sommes pas les seuls à qui c’est arrivé dans le monde. L’important, c’est de savoir bien réagir. Dans notre cas, on jugeait important de faire une pause et de réévaluer nos méthodes de minage. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous faisons cela. Non seulement on est à l’approche des Fêtes, mais nous sommes aussi dans un contexte où le prix de l’or est en croissance. »

La secousse, d’une magnitude de 3,7 sur l’échelle de Richter, avait provoqué l’effondrement du niveau 132, où un travailleur est resté coincé pendant près de 30 heures. Il en est ressorti sain et sauf.