Le grand patron de Rogers Communications a exprimé sa déception mercredi alors que l’offre d’achat de 11 milliards pour Cogeco expire.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

« C’est le destin [it wasn’t meant to be], résume Joe Natale. Il n’y avait pas d’appétit de leur part. »

« Nous sommes déçus de n’avoir pas été en mesure de discuter avec la famille Audet et les conseils d’administration à propos de ce que nous considérons être une offre formidable », a précisé Joe Natale en réponse à la question de l’analyste Drew McReynolds durant un webinaire sur les technologies, internet, les médias et les télécommunications organisé par RBC.

L’offre hostile du duo Rogers-Altice pour l’entreprise québécoise de communications et médias était « valide » jusqu’à ce mercredi et une porte-parole d’Altice indique que la direction n’a pas l’intention de la prolonger. Le tandem Rogers-Altice avait présenté une première proposition non sollicitée au début de septembre avant de la bonifier le mois dernier en précisant que l’offre serait retirée le 18 novembre s’il n’y avait pas d’entente ou s’il était impossible d’entrevoir la possibilité de conclure une transaction.

Rogers se promet maintenant de réviser ses priorités en allocation de capitaux, indique Joe Natale, ce qui laisse entendre que Rogers pourrait vendre une partie ou la totalité de ses actions de Cogeco et de Cogeco Communications.

La famille Audet – actionnaire de contrôle de Cogeco – et les conseils d’administration de Cogeco et de Cogeco Communications avaient rapidement rejeté les avances de Rogers et Altice.

La direction de Rogers avait déjà laissé savoir plus tôt cet automne qu’elle pourrait vendre ses participations dans Cogeco et Cogeco Communications si l’offre d’achat hostile achoppait.

Rogers détient 6 millions d’actions de Cogeco et 10,7 millions d’actions de Cogeco Communications.

L’action de Cogeco est en baisse de 25 % depuis le 1er janvier et celle de Cogeco Communications affiche un recul de près de 20 % jusqu’ici en 2020.

En vertu de l’offre hostile, les actionnaires de Cogeco devaient recevoir 123 $ par action et 150 $ par action de Cogeco Communications.

La valeur des actions de Cogeco et de sa principale filiale demeurait relativement stable mercredi à la Bourse de Toronto, ce qui indique que le marché anticipait déjà qu’il n’y aurait pas de transaction. L’action de Cogeco s’échange présentement à 78 $ et celle de Cogeco Communications, à 94 $.

Selon le projet d’acquisition élaboré, Altice devait acquérir les activités américaines de Cogeco en laissant les activités canadiennes à Rogers.

Rogers a annoncé par ailleurs mercredi une expansion de son réseau 5G au pays en incluant notamment deux villes québécoises : Candiac et Boisbriand. Rogers indique que le choix de ces villes s’explique simplement par une question d’infrastructure, c’est-à-dire le moment où l’infrastructure est « prête ».