Malgré la pandémie, CAE continue de voir grand. L’entreprise montréalaise annonce avoir récolté 450 millions de nouveaux capitaux, dont 150 millions en provenance de la Caisse de dépôt, et fait l’acquisition pour environ 108 millions d’un concurrent européen, Flight Simulator Company (FSC).

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Cette acquisition « accroît la capacité de CAE à offrir des services de formation aux clients exerçant leurs activités en Europe, notamment les compagnies aériennes et les transporteurs de fret », explique CAE dans un communiqué.

Établie à Amsterdam, FSC « complète grandement le réseau de CAE », précise-t-on. Elle forme des pilotes à l’aide de 12 simulateurs conçus par CAE.

« CAE, qui dispose de solides ressources en capital, est en bonne position dans le contexte actuel pour accroître sa présence sur le marché à l’aide d’acquisitions ciblées fondées sur la valeur », a déclaré dans le même communiqué le président et chef de la direction de CAE, Marc Parent.

Une partie de ces « solides ressources en capital » ont été annoncées au même moment. CAE réalise un placement public d’actions d’une valeur de 300 millions, en collaboration avec les banques Scotia, RBC et TD. La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) s’inscrit par ailleurs au capital de CAE par l’entremise d’un placement privé de 150 millions. La dernière intervention publique de la Caisse dans l’entreprise avait pris la forme d’un prêt à terme de 50 millions, en 2012.

Toutes les nouvelles actions seront émises à un prix de 29,85 $, soit presque exactement le prix auquel avait clôturé le titre vendredi dernier. Il a toutefois progressé de 5,7 % lundi, pour terminer à 31,40 $.

« Notre investissement s’inscrit dans une volonté d’accompagner une entreprise québécoise résiliente de la trempe de CAE dans ses efforts de relance et de croissance », a expliqué dans un communiqué Kim Thomassin, première vice-présidente et cheffe des Placements au Québec et de l’investissement durable à la CDPQ.

« Dans un contexte mondial qui présente des défis pour le secteur de l’aéronautique, la société continue de démontrer sa capacité à innover dans différents secteurs porteurs de l’économie tout en renforçant sa position sur le plan concurrentiel en vue d’une reprise éventuelle. »

Le titre de l’entreprise québécoise reconnue dans le domaine de la formation des pilotes et la fabrication de simulateurs affiche en effet l’une des meilleures performances dans le secteur aéronautique, dans un contexte extrêmement difficile. Il a jusqu’ici regagné plus de la moitié de ce qu’il avait cédé en mars.

Ses résultats financiers du deuxième trimestre publiés la semaine dernière ont largement surpassé les prévisions des analystes financiers.

« CAE a présenté de solides résultats avec des améliorations séquentielles importantes dans chacune de ses trois unités d’affaires, démontrant la résilience de son modèle d’affaires, estimait alors l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins. […] Nous croyons toutefois que les développements récents concernant un vaccin potentiel sont déjà reflétés dans le prix de son action, tout comme une certaine anticipation de reprise des activités d’entraînement. »

Les trois unités d’affaires de CAE sont la formation de pilotes civils, celle de pilotes militaires et le domaine de la santé, où elle fabrique des mannequins d’entraînement et forme du personnel médical.