Hydro-Québec s’attend à perdre un montant record de 180 millions cette année en raison du nombre croissant de ses clients en difficulté financière à cause de la pandémie.

Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

La société d’État a presque doublé ses provisions pour pertes au troisième trimestre. Au 30 septembre, la provision totale pour mauvaises créances s’établit à 114 millions.

D’ici la fin de l’année, Hydro-Québec s’attend à des pertes de 180 millions pour factures impayées, a indiqué vendredi Jean-Hugues Lafleur, vice-président exécutif et chef de la direction financière.

Bon an, mal an, nos provisions pour pertes sont de 90 millions, et nous n’avons jamais eu un montant de cette ampleur, même lors de la récession en 2008.

Jean-Hugues Lafleur, vice-président exécutif et chef de la direction financière

Les pertes prévues proviennent autant du secteur résidentiel que des commerces et des petites entreprises, a précisé M. Lafleur. Depuis le 13 mars, début du confinement, Hydro-Québec a conclu des ententes avec 106 000 clients pour étaler leurs paiements. C’est moins que l’année dernière à pareille date, parce que l’entreprise vient de reprendre ses activités de recouvrement après les avoir suspendues du 13 mars au 31 octobre.

La suspension des frais d’administration pour les clients qui concluent une entente de paiement demeure en vigueur. Hydro estime que les mesures prises pour soutenir ses clients frappés par la crise ont retranché 75 millions à son bénéfice net depuis le début de l’année.

Pour les mois de juillet et d’août 2020, Hydro-Québec affiche un bénéfice net de 203 millions, qui se compare au profit de 205 millions pour la même période l’an dernier. Les revenus du trimestre sont en hausse de 2,5 %, à 2,8 milliards.

La reprise des activités l’été dernier, tant au Québec que dans les marchés d’exportation, explique la stabilité des résultats, selon le vice-président exécutif et chef de la direction financière.

La deuxième vague ne sera pas sans effet

Cette accalmie risque toutefois d’être de courte durée, en raison de la deuxième vague de la pandémie. « Nous suivons de très près l’évolution de la situation et nous poursuivons l’élaboration d’initiatives visant à atténuer les effets de la pandémie sur l’économie québécoise et sur nos résultats », a dit Jean-Hugues Lafleur.

Depuis le début de l’année, le bénéfice net d’Hydro-Québec est inférieur de 435 millions à ce qu’il était l’an dernier. Dans sa mise à jour budgétaire, jeudi, le ministre des Finances a indiqué que le dividende attendu cette année d’Hydro-Québec serait amputé de 536 millions par rapport aux prévisions.

Depuis le début de l’année, Hydro-Québec rapporte une baisse de 4 % de la consommation d’électricité au Québec. Les clients commerciaux et les petites entreprises ont réduit leur consommation de 8 %, tandis que la baisse est de 9 % pour les grandes entreprises. Les clients résidentiels confinés à la maison ou en télétravail ont augmenté leur consommation de 5 %.

Au troisième trimestre, les revenus d’exportation ont légèrement augmenté, mais depuis le début de l’année, la demande est en forte baisse dans les marchés hors Québec. Hydro-Québec rapporte une diminution de 3,2 térawattheures et une chute de 151 millions des revenus d’exportation.

Malgré la baisse des prix de l’énergie sur les marchés hors Québec, le prix moyen de l’électricité exportée est resté stable, à 4,3 cents le kilowattheure, comparativement à 4,4 cents le kilowattheure l’an dernier. « L’impact négatif de la baisse des prix du marché a été atténué par l’incidence positive des stratégies de commercialisation et de gestion des risques de l’entreprise », a fait savoir la société d’État.