La production des bières d’Unibroue est revenue à 100 % en Montérégie. L’usine est maintenant en mesure de mettre en canettes la Blanche de Chambly, la Fin du monde et ses autres recettes phares grâce à un investissement de 15 millions.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Pendant près d’un an, plusieurs recettes de bières fabriquées à l’usine de Chambly ont été transportées dans l’usine de Sleeman à Guelph, en Ontario, pour y être mises en canettes. Depuis quelques semaines, ce n’est plus nécessaire ; de nouveaux équipements sont en mesure de remplir 350 canettes à la minute juste à côté des cuves de fermentation.

« Si notre produit n’est pas dans ce contenant, on perd des ventes », affirme le directeur des opérations, Stéphane Lafrance, en nous faisant visiter les lieux qui emploient environ 100 personnes. C’est pourquoi, ajoute-t-il, « il y avait urgence » de faire de la bière Unibroue en canettes.

Dans les épiceries et les dépanneurs du Québec, deux bières sur trois sont désormais vendues dans un contenant en aluminium. Et le déclin de la bouteille, de « 3 à 5 % par année », se poursuit. Le consommateur trouve notamment que la canette est « un format plus pratique pour le transport », explique Stéphane Lafrance.

Selon des sondages réalisés par l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) et cités dans Le Soleil récemment, ce sont surtout les détaillants qui ont une « très forte préférence » pour la canette, plus simple à gérer.

  • Depuis quelques semaines, de nouveaux équipements sont en mesure de remplir 350 canettes à la minute juste à côté des cuves de fermentation à l’usine de Chambly.

    PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

    Depuis quelques semaines, de nouveaux équipements sont en mesure de remplir 350 canettes à la minute juste à côté des cuves de fermentation à l’usine de Chambly.

  • Dans les épiceries et les dépanneurs du Québec, deux bières sur trois sont désormais vendues dans un contenant en aluminium.

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    Dans les épiceries et les dépanneurs du Québec, deux bières sur trois sont désormais vendues dans un contenant en aluminium.

  • Selon des sondages réalisés par l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) et cités dans Le Soleil récemment, ce sont surtout les détaillants qui ont une « très forte préférence » pour la canette.

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    Selon des sondages réalisés par l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) et cités dans Le Soleil récemment, ce sont surtout les détaillants qui ont une « très forte préférence » pour la canette.

  • Si le contenant d’aluminium séduit l’œil des clients, il permet aussi de réduire les coûts de façon substantielle.

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    Si le contenant d’aluminium séduit l’œil des clients, il permet aussi de réduire les coûts de façon substantielle.

  • La canette elle-même coûte moins cher que la bouteille de verre, l’équipement requiert moins d’énergie et moins de personnel.

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    La canette elle-même coûte moins cher que la bouteille de verre, l’équipement requiert moins d’énergie et moins de personnel.

  • Pour le moment, environ 25 % des 30 recettes brassées sur place sont mises en canettes (acquises aux États-Unis, car il n’y a pas de fabricants locaux).

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    Pour le moment, environ 25 % des 30 recettes brassées sur place sont mises en canettes (acquises aux États-Unis, car il n’y a pas de fabricants locaux).

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Chose certaine, la demande est là. Et pour y répondre, l’usine de Chambly s’est dotée d’équipements à la fine pointe de la technologie fabriqués en Allemagne, en Italie et aux États-Unis. Ceux-ci sont fonctionnels toute la journée, tandis que la mise en bouteille se fait uniquement le soir. Quant à la production de bière en fût, elle est presque nulle pour le moment en raison de la pandémie.

L’usine a néanmoins été en mesure de garder tout son personnel, la consommation à domicile ayant compensé la diminution des commandes passées par les restaurants et les bars.

Deux fois moins cher

Si le contenant d’aluminium séduit l’œil des clients, il permet aussi de réduire les coûts de façon substantielle. « C’est moins cher », confie Stéphane Lafrance.

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Stéphane Lafrance, directeur de l’usine d’Unibroue de Chambly

La canette elle-même coûte moins cher que la bouteille de verre, l’équipement requiert moins d’énergie et moins de personnel, énumère le directeur. C’est aussi plus simple puisqu’il n’y a pas de tournée des détaillants à effectuer pour récupérer les bouteilles vides réutilisables avant de les soumettre à un grand lavage.

Pour le moment, environ 25 % des 30 recettes brassées sur place sont mises en canettes (acquises aux États-Unis, car il n’y a pas de fabricants locaux). Au fil du temps, la proportion augmentera, assure-t-on. Et de nouvelles recettes qui pourraient être exclusivement vendues en canettes sont en développement. Règle générale, trois nouveaux produits sont lancés en moyenne chaque année.

L’entreprise ontarienne Sleeman a acheté Unibroue en 2004 pour 36,5 millions. Deux ans plus tard, le géant japonais Sapporo a mis la main sur Sleeman (troisième brasseur en importance au Canada) pour 400 millions de dollars.