Les résultats financiers de l’entreprise montréalaise Industries Dorel ont continué de s’améliorer durant son troisième trimestre en dépit des défis de production et de commercialisation suscités par la crise.

Martin Vallières
Martin Vallières La Presse

Cette progression des affaires internationales de ce fabricant d’articles pour enfants, de bicyclettes et de petits meubles résidentiels se confirme alors que ses dirigeants-actionnaires et leur partenaire financier, la firme Cerberus Capital de New York, peaufinent leur projet de rachat complet des actions de Dorel afin de les retirer de la Bourse.

Ce projet a été annoncé lundi, quatre jours avant les résultats trimestriels présentés hier, mais il a rapidement suscité une réaction d’opposition de la part du principal actionnaire minoritaire de Dorel, la firme montréalaise Letko Brosseau. Pour l’essentiel, Letko Brosseau, qui détient 13,1 % des actions de Dorel, estime que le moment et le prix de cette offre de rachat, annoncé à 14,50 $ par action ou l’équivalent de 470 millions, sont inadéquats par rapport au potentiel d’appréciation de Dorel à moyen et long terme, ce que suggère d’ailleurs la progression de ses résultats au fil des récents trimestres.

Refus de commenter

En suivi de cette situation, les deux principaux dirigeants de Dorel – Martin Schwartz, président et chef de la direction, et Jeffrey Schwartz, vice-président directeur et chef des finances – ont refusé vendredi, lors d’une téléconférence avec les analystes, de commenter l’état de leur projet de fermeture du capital.

La prochaine échéance de ce projet est prévue le mardi 10 novembre. Il s’agit de la date butoir annoncée pour la conclusion des « négociations exclusives » en cours depuis le début du mois de septembre entre les dirigeants de Dorel et ceux de Cerberus Capital afin de parvenir à une entente définitive.

Les dirigeants-actionnaires de Dorel – quatre membres de la famille Schwartz – détiennent un peu plus de 6,2 millions d’actions qui représentent environ 19 % de la valeur de tout le capital-actions, mais au moins 60 % des droits de vote, par l’entremise de leurs actions à droit de vote multiple.

Par ailleurs, la réalisation de leur projet de rachat requiert l’approbation d’une majorité des voix parmi les actionnaires minoritaires et non-dirigeants de l’entreprise, ainsi que l’aval des autorités boursières et juridiques.

D’ailleurs, les investisseurs ont continué d’exprimer leur anticipation d’une majoration de l’offre de rachat – annoncée lundi à 14,50 $ par action – en poussant le titre jusqu’à 15,95 $, jeudi. Ce prix était supérieur de 10 % au prix de l’offre annoncée, mais aussi un sommet de valeur boursière pour Dorel depuis mars 2019.

Vendredi, les actions de Dorel ont terminé à 15,43 $, en repli journalier de 1,6 % mais en hausse de 7 % par rapport au dernier cours avant le dépôt de l’offre de rachat.

Résultats trimestriels

Quant à ses résultats trimestriels, annoncés vendredi, Industries Dorel démontre qu’elle a profité de l’engouement des consommateurs pour les vélos et les petits meubles résidentiels durant la saison estivale.

Lors de ce trimestre terminé le 30 septembre, Dorel a engrangé des profits nets de 26,2 millions US alors qu’elle avait perdu 4,3 millions US il y a un an.

Ses revenus totaux ont progressé de 9,9 %, à 753,4 millions US, alors que la demande a dépassé l’offre pour de nombreux produits offerts par ses divisions sports et maison. Cela a plus que contrebalancé le déclin des recettes dans le segment des produits pour enfants.

Mais pour la suite, les dirigeants de Dorel ont aussi indiqué que la deuxième vague de la pandémie et les difficultés d’approvisionnement auprès de certains fournisseurs, surtout dans les composantes de vélos, pourraient lui causer quelques problèmes d’ici la fin de l’année.

« La demande mondiale pour les vélos a provoqué des pénuries de pièces chez des fournisseurs et ils ont de la difficulté à augmenter leur cadence de production. Ils augmentent leurs prix lorsque la demande grimpe », a résumé le président et chef de la direction, Martin Schwartz, lors de la téléconférence d’analystes.

Dorel fabrique une variété de biens de consommation tels que les sièges d’auto pour enfants Cosco et Safety 1st, les vélos Cannondale et Schwinn et les meubles de maison sous des marques telles que Dorel Living et DHP.