(San Francisco) Alphabet, la maison mère de Google, décollait de 6 % en Bourse après la clôture des marchés jeudi grâce à des résultats trimestriels bien au-delà des attentes, une bonne nouvelle pour le groupe californien au moment où il est accusé notamment d’entrave à la concurrence en ligne.  

Agence France-Presse

Le géant de la recherche sur l’internet a vu ses revenus publicitaires rebondir de juillet à septembre après les mois de confinement, y compris sur sa plateforme de vidéos YouTube. Il a engrangé un chiffre d’affaires de 46,2 milliards de dollars, en hausse de 14 % sur un an, pour un bénéfice net de 11,2 milliards.

Son bénéfice net par action est ressorti à 16,40 dollars au lieu des 11 dollars escomptés par les analystes.

« Nous nous attendions à une reprise des recettes publicitaires sur tous les segments, et elles ont dépassé nos estimations », a commenté l’analyste Nicole Perrin du cabinet eMarketer.

« C’est particulièrement vrai de YouTube, dont les revenus publicitaires ont progressé de 32 % sur un an. Cela augure du retour des marques et montre que le désir des annonceurs pour la vidéo ne faiblit pas. On observe aussi des augmentations notables dans les dépenses en pubs politiques pendant le trimestre écoulé ».

Au printemps, le leader mondial de la publicité en ligne avait trébuché, avec un bénéfice net inférieur à celui de 2019, à cause de son exposition aux budgets publicitaires de gros annonceurs durement touchés par la pandémie, comme les voyagistes.

Pour Sundar Pichai, le patron d’Alphabet et de Google, c’est la preuve de l’appréciation des clients et utilisateurs pour « les investissements réalisés dans l’intelligence artificielle et les autres technologies, afin de fournir des services vers lesquels les gens se tournent en cas de besoin, au quotidien ou en période de crise ».

Ses commentaires sont très attendus lors de la conférence d’analystes sur les récentes poursuites lancées contre la firme par le ministère de la Justice et 11 États américains. Ils accusent le moteur de recherche d’abus de position dominante.

« L’ironie, c’est que les résultats robustes attendus pour les Gafa […] vont mettre en lumière leur puissance surdimensionnée, et, au final, […] alimenter les pulsions de démantèlement des géants de la technologie à Washington », a récemment fait valoir l’analyste Daniel Ives de Wedbush Securities.

L’offre de « nuage » (informatique dématérialisée) de Google a aussi progressé de 44 % en un an, là encore d’une façon supérieure aux attentes.