(Genève) Les membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont donné lundi, à leur tour, leur autorisation à l’Union européenne d’imposer des sanctions douanières contre Washington, en représailles aux aides accordées à Boeing.

Agence France-Presse

Dans ce dossier, l’arbitre de l’OMC avait autorisé, le 13 octobre, Bruxelles à imposer des sanctions sur un montant maximum de près de 4 milliards de dollars de biens américains importés chaque année, mais cette décision devait être approuvée par les membres de l’organisation à l’occasion d’une réunion de l’Organe de règlement des différends (ORD).

La sanction a été officiellement validée lundi lors d’une réunion à Genève, selon un responsable de l’OMC.

« Les membres de l’OMC ont approuvé la demande d’autorisation de l’Union européenne d’imposer des mesures de rétorsion contre les États-Unis » dans le cadre du dossier des aides à Boeing, a-t-il indiqué.

« Notre préférence va à un règlement négocié avec les États-Unis. À cette fin, nous continuons à collaborer étroitement avec nos homologues américains et je suis en contact régulier avec le représentant américain au commerce, Robert E. Lighthizer », a commenté le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

« En l’absence d’un résultat négocié, l’UE sera prête à prendre des mesures conformément à la décision de l’OMC », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans la perspective des sanctions, l’Europe a déjà dressé une longue liste de produits qui pourraient être taxés.

Pourraient ainsi être visés les avions de ligne produits aux États-Unis, les tracteurs, mais aussi la patate douce, les arachides, le jus d’orange congelé, le tabac, le ketchup ou encore le saumon du Pacifique, selon une liste actualisée obtenue par l’AFP.

L’avionneur européen Airbus et son concurrent américain, et à travers eux Bruxelles et Washington, s’affrontent depuis octobre 2004 devant l’OMC, juge de paix du commerce mondial. En cause : les aides publiques versées aux deux groupes, jugées illégales de part et d’autre.

La décision au profit de l’UE vient en miroir de l’autorisation accordée l’an passé aux États-Unis d’imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services européens importés chaque année, la sanction la plus lourde jamais imposée par l’OMC.