(Washington) Coca-Cola a continué de pâtir des restrictions imposées face à la pandémie de COVID-19 avec des ventes en repli, mais pour se redresser le groupe de sodas accélère le ménage dans ses multiples marques.

Virginie MONTET
Agence France-Presse

Alors que les fontaines à sodas dans les restaurants, les stades et les bars se sont taries avec les mesures sanitaires prises dans le monde entier, les ventes de Coca-Cola ont encore reculé au troisième trimestre par rapport à il y a un an.  

À 8,7 milliards de dollars, le chiffre d’affaires est en repli de 9 %, une amélioration toutefois par rapport à la chute de 28 % du trimestre précédent lorsque l’économie américaine était paralysée. En volume, le groupe a distribué 4 % moins de boissons qu’il y a un an, une amélioration après la chute de 16 % au 2e trimestre.  

Le bénéfice trimestriel s’est néanmoins avéré mieux que prévu par les analystes à 1,7 milliard de dollars en retrait de près d’un tiers. Le bénéfice ajusté par action s’est établi à 55 cents au-dessus des prévisions des analystes qui étaient de 46 cents.  

Le titre grimpait à Wall Street.

La part des ventes réalisées hors foyers reste en retrait d’environ 15 % sur un an alors qu’elle avait chuté de 50 % fin avril. Les ventes souffrent de la fermeture des hôtels, restaurants, parcs d’attractions, et comptoirs de stades.

En revanche, la consommation de sodas à la maison « a continué de progresser », tirée par un doublement des ventes par internet.

« La compagnie voit un niveau élevé de ventes pour des produits à la maison, mais cela est plus que dépassé par la pression subie sur les ventes hors du foyer qui sont affectées par les mesures de confinement dans certains marchés », a indiqué le groupe dans un communiqué.

Les revenus du groupe ont décliné plus fortement en Europe (-6 %) qu’en Amérique du Nord (-3 %), indique la direction qui souligne que la pandémie « resurgit dans certaines parties du monde ». Mais elle « ne prévoit pas de retour à des niveaux de confinements » connus au pic de la contagion. Le marché asiatique s’est lui mieux comporté, notamment en Chine, au Japon et en Inde.

Eaux alcoolisées

Pour se redresser, le groupe d’Atlanta va faire le ménage dans ses marques lui rapportant peu de revenus et limiter son portefeuille à 200 marques, soit une réduction de 50 %.  

Il s’est déjà débarrassé des jus de fruits Odwalla et entend supprimer son eau de noix de coco Zico.  

Sa première boisson artificiellement édulcorée, « Tab », sucrée à la saccharine et très populaire dans les années 1980, va aussi passer aux oubliettes.

Dans le même temps, le distributeur de Fanta, Sprite et Dasani va se lancer dans les eaux alcoolisées ou « hard Seltzers », ces boissons gazeuses, qui comptent entre 4 % et 6 % d’alcool et se veulent une alternative à la bière et au vin.  

Coca-Cola s’est associé avec le brasseur Molson Coors pour mettre la marque « Topo Chico Hard Seltzer », déjà commercialisée dans certaines villes d’Amérique latine, sur le marché américain début 2021. La nouvelle boisson va s’appuyer sur une ancienne marque d’eau minérale (sans alcool) Topo Chico, présente depuis 125 ans aux États-Unis.

Le groupe n’a pas donné de prévisions pour le quatrième trimestre de cette année 2020 « particulièrement anormale », jugeant l’impact de l’épidémie de coronavirus trop « incertain » pour effectuer « des estimations raisonnables ».

« Nous accélérons notre transformation, qui est déjà en route, pour permettre à notre groupe de se remettre plus vite que l’économie dans son ensemble », a affirmé le PDG James Quincey.