(New York) La major pétrolière américaine ExxonMobil, après avoir déjà réduit ses effectifs en Europe et en Australie, va « très bientôt » annoncer de nouvelles suppressions d’emplois aux États-Unis, au Canada et dans d’autres pays, a indiqué son PDG.

Agence France-Presse

Le groupe, comme l’ensemble du secteur pétrolier, a été touché de plein fouet par la chute de la demande en énergie quand la pandémie a commencé à se propager dans le monde, a justifié Darren Woods dans une lettre adressée mercredi soir aux employés.

En avril, la demande en brut a reculé d’environ 20 %. L’industrie automobile s’est figée avec la fermeture temporaire des usines, faisant plonger les ventes de produits chimiques et de lubrifiants. Et la chute du transport aérien a fait reculer la demande en kérosène.  

ExxonMobil a déjà drastiquement coupé dans ses coûts en reportant plus de 10 milliards de dollars d’investissements et en baissant ses dépenses opérationnelles de 15 %.  

« J’aimerais vous dire que cela suffit, mais ce n’est pas le cas », écrit le PDG dans sa lettre.  

ExxonMobil a engagé début septembre un programme de départs volontaires en Australie et a annoncé début octobre la suppression de 1600 postes d’ici fin 2021 en Europe.  

« Nous nous apprêtons à finir très bientôt l’évaluation aux États-Unis, au Canada et dans d’autres régions du monde », indique M. Woods.  

Le patron du groupe pétrolier se veut toutefois optimiste pour la suite.  

« Certains pensent que la baisse spectaculaire de la demande résultant du coronavirus reflète une réponse accélérée au risque de changement climatique et suggère que notre industrie ne se rétablira pas », écrit-il.  

« Mais en examinant de près les faits et les diverses évaluations d’experts, nous en concluons que les besoins de la société entraîneront une plus grande consommation d’énergie dans les années à venir-et un besoin continu pour les produits que nous proposons », ajoute-t-il.

Les investisseurs n’en sont pas si sûrs : ExxonMobil, avec ses nombreux gisements pétroliers et stations-essence déployés à travers le monde, vaut désormais moins à Wall Street que NextEra Energy, un groupe misant sur le solaire et l’éolien aux États-Unis et au Canada.