La pandémie n’arrête pas AddÉnergie. Le fabricant de bornes de recharge, développeur de logiciels et exploitant de FLO, le plus important réseau de recharge au pays, a depuis peu un nouveau terrain de jeu, Los Angeles, et d’ici quelques semaines, New York. Elle a récemment annoncé une entente dans le Midwest américain. On fait le point sur la croissance de l’entreprise avec son PDG Louis Tremblay.

Julie Roy
Collaboration spéciale

Vous êtes établis à Los Angeles depuis un an et demi. Comment avez-vous réussi à devancer la concurrence locale ?

Les bornes sur rue y existent depuis longtemps. Elles sont exploitées par le Los Angeles Bureau of Street Lighting (LABSL), qui souhaitait que nos équipements soient incorporés à même les lampadaires. Ç’a été un gros défi. On nous a testés et on a livré la marchandise. Notre force est que nous sommes totalement intégrés. On ne fabrique pas uniquement les bornes, mais aussi le réseau qui vient avec. Quand quelqu’un veut se recharger, il faut que ce soit simple et opérationnel, et c’est là qu’on excelle. En ce moment à Los Angeles, nos bornes sont au nombre de 180, ce qui représente 8 % de l’équipement de ce type, mais ce n’est qu’un début, puisque nous ne cessons de recevoir des commandes.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Louis Tremblay, PDG d’AddÉnergie

En janvier prochain, vous allez aussi déployer votre équipement à New York. Avez-vous eu à affronter des défis supplémentaires ?

Évidemment, on a eu des craintes avec la COVID-19, mais le projet n’a pas été annulé. Les gens veulent mener leurs idées à terme, il y a une sorte de résilience mêlée à un engouement vers le futur. Le défi cette fois a été de repenser le design pour qu’il soit représentatif de la Grosse Pomme et de l’intégrer au mobilier urbain. Nous allons y déployer 120 unités, mais ce n’est qu’un début.

Vous avez réussi à poursuivre votre déploiement aux États-Unis malgré la fermeture de la frontière. Quel est votre prochain objectif sur le sol américain ?

Nous avons annoncé il y a quelques jours un début de collaboration avec Electrada qui va nous permettre de développer un écosystème de recharge de véhicules électriques dans le Midwest avec les États de l’Ohio, du Kentucky et de l’Indiana. Cette entente signifie que nous disposons désormais de l’équipe, de la technologie et des ressources financières pour déployer d’ici cinq ans une telle infrastructure dans cette région. Déjà, une première borne a été installée à Cincinnati et d’ici la fin de l’année, on prévoit en ajouter 75 autres. À plus long terme, notre objectif est de faire croître notre réseau sur les deux côtes américaines. Pour cela, on saisit aussi les occasions qui nous permettront de relier les deux.

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Usine d’Addénergie, à Shawinigan

Avez-vous le sentiment que la pandémie a eu des impacts négatifs sur votre industrie ?

Oui, la COVID-19 a ralenti notre industrie, mais on commence à s’en sortir. Des initiatives ont fait en sorte de limiter les impacts. Par exemple, Los Angeles a offert des recharges gratuites et le succès a été tel qu’on y a dénombré deux fois plus de séances de recharge. En ce qui concerne le développement des affaires, on a pris l’initiative d’organiser des webinaires pour faire partager notre expertise et on sentait l’optimisme des participants. La pandémie ne nous a pas empêchés de faire des affaires. Nous les avons faites autrement.

Comment vont les affaires au Québec ?

Autour de 70 % de nos bornes ont été vendues au Québec. C’est un chiffre qui peut sembler élevé, mais il faut savoir que c’est ici que nous avons d’abord eu la chance de faire nos preuves. Même si nos ventes ont progressé rapidement ailleurs au Canada et aux États-Unis, le Québec reste un marché vraiment dynamique avec 47 % des véhicules électriques au pays. En juin dernier, nous avons d’ailleurs remporté notre cinquième appel d’offres avec Hydro-Québec.